Quand le jeune Proust passait ses vacances à Illiers-Combray chez sa tante Léonie
Voyage littéraire, réminiscence d’une lecture de ces milliers de pages d’A la recherche du temps perdu ? Pourquoi aller à Illiers-Combray, parcourir ces 30 minutes de train depuis Chartres ? Serait-ce un pèlerinage ? Quel besoin de vouloir s’immerger dans cette maison, aujourd’hui, restaurée, intacte ? Pourtant impossible d’y voir un musée ! L’ avoir imaginé tant de fois (à chaque lecture de la Recherche), habitée par le jeune Marcel ! Comment pourrait-on déconstruire ce qu’on a bâti dans sa tête ? S’arrêter à Illiers-Combray c’est se mettre la réalité en face, le bout du voyage peut-être, le Temps retrouvé, sûrement ?

Un arrêt dans le temps à Illiers-Combray
Oui, le train venant de Chartres s’arrête bien à Illiers-Combray* petite ville au carrefour de la Beauce et du Perche. Déjà, ce voyage rituel de Paris-Montparnasse à Illiers (la dernière semaine avant Pâques) effrayait le jeune Marcel. La crainte de la famille dès le changement à Chartres était de rater la gare de Combray ! ” On reconnaissait le clocher de Saint-Hilaire de bien loin, inscrivant sa figure inoubliable à l’horizon où Combray n’apparaissait pas encore ; quand du train qui, la semaine de Pâques, nous amenait de Paris, mon père l’apercevait qui filait tour à tour sur tous les sillons du ciel, faisant courir en tous sens son petit coq de fer, il nous disait : « Allons, prenez les couvertures, on est arrivé. » (Du côté de chez Swann). Cinq minutes d’arrêt pour descendre tous les bagages. Au-delà, le train-omnibus s’engageait (encore aujourd’hui) sur un viaduc vers un voyage aussi incertain que funeste pour Marcel. Sur le quai, ils sont attendus. Jules et Elisabeth Amiot sont là avec la cariole. Elisabeth (née Proust et tante du côté paternel) est le personnage de tante Léonie. Quant à Jules Amiot, il n’est autre (en partie) que le personnage de l’oncle Octave.
*En 1971, Illiers est devenu Illiers-Combray pour le centenaire de la naissance de Marcel Proust.

Les Proust, une famille enracinée à Illiers-Combray
La famille paternelle de Marcel Proust est enracinée à Illiers-Combray depuis le XVIe siècle. Les grands-parents de Marcel tenaient un commerce d’épicerie place du Marché. Le couple eut deux enfants, Elisabeth (tante Léonie) qui épousa Jules Amiot (oncle Adolphe*), marchand drapier et Adrien (le futur père de Marcel et de Robert). Celui-ci fut le premier de la lignée à abandonner le berceau familial. Il se rendit à Paris pour faire ses études de médecine. Sa carrière d’hygiéniste le couvrit d’honneur. Il voyagea jusqu’à Téhéran et Constantinople pour étudier les voies de pénétration du choléra en Europe.
*L’oncle Adolphe (ou Octave) est en fait une synthèse de l’oncle Amiot d’Illiers et du grand-oncle Weil, d’Auteuil.
La mère de Marcel Proust, Jeanne, une femme cultivée et excellente pianiste
Sa mère Jeanne est née dans une famille juive venue d’Alsace et d’Allemagne. C’était une femme cultivée et excellente pianiste. Elle fut l’interlocutrice privilégiée de Marcel Proust. D’ailleurs n’est-elle pas le modèle de la mère du narrateur dans A la recherche du temps perdu. Il venait avec son frère Robert, de deux ans son cadet, passer des vacances à Illiers entre 1877 et 1880 chez sa tante paternelle, Elisabeth Proust qui prêta ses traits à tante Léonie.
Le pré Catelan qui inspira le parc de Swann

Un jardin d’inspiration néo-orientale
Son mari, Jules Amiot, commerçant prospère est un passionné d’horticulture. Son portrait se retrouve également sous les traits de l’oncle dans Jean Santeuil (Livre de jeunesse de Marcel Proust jamais achevé). Lors de ses séjours, le jeune Proust aimait accompagner son oncle au Pré Catelan, un parc d’inspiration néo-orientale* (sur le modèle de parc à l’anglaise) qu’il avait créé en 1850, non loin du centre ville, près du Loir (rebaptisé la Vivonne). Au cœur du jardin traversé par le ruisseau la Serpentine, se trouve la maison des Archers où le jeune Proust aimait se cacher pour lire. Ce cadre romantique et verdoyant et sa célèbre allée d’aubépines a profondément inspiré les écrits de Marcel Proust notamment dans la description du parc de Swann.
*Outre la maison des Archers où la famille Amiot pouvait s’abriter et prendre des collations, le jardin était orné d’un pseudo minaret, la koubba, en briques enduites et couverte d’un dôme en feuilles de zinc, souvenir du séjour en Algérie, et deux pigeonniers.
Le choix des deux “côtés” pour les promenades
Quand on ne se rendait pas au Pré Catelan, deux possibilités s’offraient à la famille : ” car il y avait autour de Combray deux « côtés » pour les promenades, et si opposés qu’on ne sortait pas en effet de chez nous par la même porte, quand on voulait aller d’un côté ou de l’autre : le côté de Méséglise-la-Vineuse, qu’on appelait aussi le côté de chez Swann parce qu’on passait devant la propriété de M. Swann pour aller par là, et le côté de Guermantes. (Du côté de chez Swann).
Vers la maison de tante Léonie, près de l’église



Avec le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul, renaît le décor de Combray !
Ah cette madeleine de Proust qui déclenche une impression de réminiscence, cette théorie proustienne de la mémoire involontaire qui va replonger le jeune Marcel dans son enfance ; ce passage où, au début de Du côté de chez Swann le héro a sur la langue ce morceau de madeleine qui lui fait retrouver toute son enfance.

“Tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé”
“… Dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps,
la place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé ». Du coté de chez Swann – A la recherche du temps perdu
Entrons chez tante Léonie sur les pas du jeune Marcel

Mais qui était cette tante Léonie ? Le portrait qu’en fait Proust est sévère.
“La cousine de mon grand-père -ma grand-tante-chez qui nous habitions, était la mère de cette tante Léonie qui, depuis la mort de son mari, mon oncle Octave, n’ayant plus voulu quitter, d’abord Combray, puis à Combray sa maison, puis sa chambre, puis son lit et ne “descendait” plus, toujours couché dans un état incertain de chagrin, de débilité physique, de maladie, d’idée fixe et de dévotion…” Du côté de chez Swann.
La maison de Tante Léonie et le musée Marcel Proust
Après la rénovation totale de la maison qui s’est achevée en 2024, pourrait-on dire qu’elle a retrouvée l’esprit et l’authenticité du lieu ? Imagine-t-on rencontrer tante Léonie et le jeune Proust au détour d’un couloir? Pour certaines pièces, il fallut s’inspirer des ambiances décrites par l’auteur. Pour d’autres, elles furent meubler à partir de la branche maternelle de Marcel Proust. Le bâtiment adjacent avec laquelle elle communique est le musée consacré à l’écrivain et notamment à son rapport avec les arts (l’ancien garage).
Son oncle Jules (oncle Octave) féru d’orientalisme

La façade sur jardin de cette maison du XIXe siècle* enduite et ornée de faïence est caractéristique de la région. Elle n’a pratiquement pas bougée depuis les séjours du jeune Proust. Sur la droite, la cuisine suivie de la laverie, d’un hammam conçu par son oncle et d’une orangerie.
*Il est possible de voir dans le salon oriental, le jambage d’une cheminée du XVIe siècle, vestige d’une construction antérieure.


Ce salon oriental est le reflet de l’influence que l’Algérie put avoir sur l’oncle de Marcel Proust, où il fit de nombreux séjours. Il rapporta d’Afrique du Nord notamment deux tableaux : une vue d’Alger par Cherubino Pata (1827-1899) et A la fenêtre d’Hippolyte Lazerges (1817-1887). Mais laissons l’oncle Jules se retirer quand tout le monde était couché dans son petit cabinet meublé “à l’orientale”, de mille choses qu’il avait rapportées d’Algérie.

En passant par le salon d’Adrien Proust et la salle à manger, vers la cuisine

Le salon “très parisien” d’Adrien Proust


*Mme Verdurin, femme autoritaire et jalouse, surnommée “la Patronne” car étant la reine de son salon rue Montalivet puis quai Conti. Son salon devint dreyfusard. Elle fut aussi l’une des premières à découvrir les ballets russes.
Dans ce salon, “les meubles rouges de mes grands-parents”. Il en hérita à la mort de sa mère et les donna ensuite à Céleste (Céleste Albaret 1891-1984, sa fidèle gouvernante de 1913 à 1922). Il y avait également ce pianola Acolian qu’il avait acheté début des années 1900.
Le sublime XIVe quatuor de Beethoven
Quand je ne suis pas trop triste pour en écouter, ma consolation est dans la musique, j’ai complété le théâtrophone par l’achat d’un pianola. Malheureusement on n’a pas justement les morceaux que je voudrais jouer. Le sublime XIVe quatuor de Beethoven n’existe pas dans leurs rouleaux. À ma réquisition, ils ont répondu que -jamais un seul de leurs quinze mille abonnés depuis dix ans ne leur avait demandé ce quatuor-. Je n’ai pas démêlé s’ils en tiraient une conclusion fâcheuse à l’égard de leurs quinze mille abonnés ou bien du quatorzième quatuor. (Lettre à Geneviève Straus, janvier 1914).
Cette salle à manger que connut Marcel Proust
C’est avec la cuisine l’une des pèces qu’a pu connaître le jeune Marcel lors de ses séjours chez sa tante. D’ailleurs il raconte dans un texte intitulé Journées de lecture qu’il aimait s’y retrouver pour satisfaire sa passion de la lecture : “je me glissais dans la salle à manger où, jusqu’à l’heure encore lointaine du déjeuner, personne n’entrerait que la vieille Félicie relativement silencieuse et où j’aurais pour compagnons, très respectueux de la lecture , que les assiettes peintes accrochées au mur…”.

Dans cette cuisine de tante Léonie, presque rien n’a changé depuis Proust
Dès les premières pages de Du côté de chez Swann, la cuisine prend une place essentielle. D’ailleurs depuis l’époque où le jeune Proust y séjourna, rien n’a vraiment changé. On retrouve son potager (le fourneau) et sa souillarde (l’arrière-cuisine accessible par le petit escalier qu’on distingue). Sur la table, la fameuse cafetière orientale comparée à un “instrument de physique qui aurait senti bon”. Autre cafetière, la cafetière Corcellet venue de Paris, seul café que Proust buvait selon sa gouvernante, Céleste Albaret.

“ À cette heure où je descendais apprendre le menu, le dîner était déjà commencé, et Françoise, commandant aux forces de la nature devenues ses aides, comme dans les féeries où les géants se font engager comme cuisiniers, frappait la houille, donnait à la vapeur des pommes de terre à étuver et faisait finir à point par le feu les chefs-d’oeuvre culinaires d’abord préparés dans des récipients de céramistes qui allaient des grandes cuves, marmites, chaudrons et poissonnières, aux terrines pour le gibier, moules à pâtisserie, et petits pots de crème en passant par une collection complète de casseroles de toutes dimensions… “. Du côté de chez Swann.
Il est 7 heures du soir, moment où le petit Marcel doit monter l’escalier qui mène à sa chambre. Instant si cruel !

“ Cet escalier détesté où je m’engageait si tristement, exhalait une odeur de vernis qui avait en quelque sorte absorbé, fixé, cette sorte particulière de chagrin que je ressentais chaque soir ” Du côté de chez Swann.
Au cœur de la maison, la chambre du petit Marcel
Voici l’âme de la maison de tante Léonie, la chambre du petit Marcel. Elle a été aménagée en s’inspirant de la description qu’en donne Marcel Proust dans Journée de Lecture. De sa chambre, quel meilleur poste d’observation pour le jeune Proust. Bien sûr il y a la lanterne magique, des sons comme le “bruit ferrugineux, intarissable et glacé” de la sonnette de la maison qui annonce après dîner que M. Swann est parti et que maman ne tardera pas à monter. Et puis de cet emplacement, il peut suivre le “traintrain” du village, les bavardages d’Eulalie, les visites du curé…

Ma seule consolation, quand je montais me coucher, était que maman viendrait m’embrasser quand je serais dans mon lit. Mais ce bonsoir durait si peu de temps, elle redescendait si vite, que le moment où je l’entendais monter, puis où passait dans le couloir à double porte le bruit léger de sa robe de jardin en mousseline bleue, à laquelle pendaient de petits cordons de paille tressée, était pour moi un moment douloureux. (Du côté de chez Swann).



La lanterne magique pour calmer l’angoisse du petit Marcel
“ À Combray, tous les jours dès la fin de l’après-midi, longtemps avant le moment où il faudrait me mettre au lit et rester, sans dormir, loin de ma mère et de ma grand-mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations. On avait bien inventé, pour me distraire les soirs où on me trouvait l’air trop malheureux, de me donner une lanterne magique, dont, en attendant l’heure du dîner, on coiffait ma lampe ; et, à l’instar des premiers architectes et maîtres verriers de l’âge gothique, elle substituait à l’opacité des murs d’impalpables irisations, de surnaturelles apparitions multicolores, où des légendes étaient dépeintes comme dans un vitrail vacillant et momentané…” (Du côté de chez Swann).
42 ans plus tard, ce qu’était la chambre de Marcel Proust à son adresse parisienne.

Voyons maintenant les trois autres chambres à l’étage, celles de Jeanne Proust, de tante Léonie et des Amiot
Maman est à côté, juste en face !

La chambre de Jeanne Proust est juste en face de celle du petit Marcel. Les meubles proviennent du dernier appartement parisien de Marcel Proust, boulevard Haussmann dont il hérita à la mort de sa mère. C’est son lit de jeune fille, sa table à ouvrage et les deux chauffeuses. Ils ont été donnés à Céleste Albaret, qui les a légué à la société des Amis de Marcel Proust.

chambre d’une hypocondriaque, tante Léonie
En fait, il faudrait dire les deux chambres de tante Léonie puisque Proust relate dans ses écrits que, ce qui est actuellement présenté comme la chambre Amiot était aussi celle de sa tante : ” Ma tante n’habitait plus effectivement que deux chambres contiguës, restant l’après-midi dans l’une pendant qu’on aérait l’autre “. Malade plus ou moins imaginaire, elle ne quittait plus sa chambre d’où elle pouvait suivre de son lit, avec la plus grande attention, toutes les allées et venues du village. Elle se nourrissait d’eau de Vichy, de tisanes et de petites madeleines achetées dans la patisserie proche de l’église Saint-Jacques.
Elle ne quittait plus son lit
“depuis la mort de son mari [elle] n’avait plus voulu quitter, d’abord Combray, puis sa maison, puis sa chambre, puis son lit […], toujours couchée dans un état incertain de chagrin, de débilité physique, de maladie, d’idée fixe et de dévotion”. Sans doute faut-il préciser qu’elle connut le drame de perdre jeune, sa fille Mathilde morte à Alger en 1882.
La madeleine du dimanche, cinq minutes pas plus !
C’est dans cette chambre que chaque dimanche matin, avant d’aller à la messe, tante Léonie offrait au petit Marcel ce gâteau : ” court et dodu appelé petite madeleine qui semblait avoir été moulé dans la valve rainurée d’une coquille Saint-Jacques “. Il faudra bien des années à l’auteur d‘A la recherche du temps perdu pour qu’une dégustation d’une madeleine déclenche le mécanisme de la mémoire involontaire. “Je n’étais pas avec ma tante depuis cinq minutes, qu’elle me renvoyait par peur que je la fatigue. Elle tendait à mes lèvres son triste front pâle et fade sur lequel, à cette heure matinale, elle n’avait pas encore arrangé ses faux cheveux, et où les vertèbres transparaissaient comme les pointes d’une couronne d’épines ou les grains d’un rosaire, et elle me disait : « Allons, mon pauvre enfant, va-t’en, va te préparer pour la messe ; et si en bas tu rencontres Françoise, dis-lui de ne pas s’amuser trop longtemps avec vous, qu’elle monte bientôt voir si je n’ai besoin de rien. » (Du côté de chez Swann).

Une statuette de la Vierge et une bouteille de Vichy-Célestin
D’un côté de son lit était une grande commode jaune en bois de citronnier et une table qui tenait à la fois de l’officine et du maître-autel, où, au-dessous d’une statuette de la Vierge et d’une bouteille de Vichy-Célestins, on trouvait des livres de messe et des ordonnances de médicaments, tout ce qu’il fallait pour suivre de son lit les offices et son régime, pour ne manquer l’heure ni de la pepsine, ni des Vêpres. De l’autre côté, son lit longeait la fenêtre, elle avait la rue sous les yeux et y lisait du matin au soir, pour se désennuyer, à la façon des princes persans, la chronique quotidienne mais immémoriale de Combray, qu’elle commentait ensuite avec Françoise. (Du côté de chez Swann).

Aimait-elle son neveu, le petit Marcel ?
Sans doute. On apprendra dans À L’Ombre des jeunes filles en fleurs, que tante Léonie en avait fait son héritier, lui léguant « en même temps que beaucoup d’objets et de meubles fort embarrassants […] presque toute sa fortune liquide […] », en “révélant ainsi après sa mort une affection pour moi que je n’avais guère soupçonnée pendant sa vie”.
Combray du côté de son église
Saint-Hilaire dans l’oeuvre de Proust, Saint-Jacques pour Illiers-Combray


Leurs doigts timides prenant de l’eau bénite
Pendant que ma tante devisait ainsi avec Françoise, j’accompagnais mes parents à la messe. Que je l’aimais, que je la revois bien, notre Église ! Son vieux porche par lequel nous entrions, noir, grêlé comme une écumoire, était dévié et profondément creusé aux angles (de même que le bénitier où il nous conduisait) comme si le doux effleurement des mantes des paysannes entrant à l’église et de leurs doigts timides prenant de l’eau bénite, pouvait, répété pendant des siècles, acquérir une force destructive, infléchir la pierre et l’entailler de sillons comme en trace la roue des carrioles dans la borne contre laquelle elle bute tous les jours. (Du coté de chez Swann).

Marcel Proust et les arts dans la salle d’exposition
Situé dans le bâtiment adjacent à la Maison de tante Léonie, le musée Marcel Proust propose un ensemble de tableaux et dessins en lien avec Proust. On trouve des oeuvres de peintres qui furent amis de l’écrivain ou qui l’inspirèrent.

La société des amis de Marcel Proust et des amis de Combray organise cette année une campagne de souscription pour financer l’acquisition de ce tableau.
La salle multimédia
Dans l’ancien grenier de la maison de tante Léonie, un film (1h environ) est projeté en continu. Il est constitué d’un montage de témoignages de personnes ayant connu Marcel Proust et de lectures d’extraits de ses oeuvres par des comédiens de la Comédie française et des lauréats des concours de lecture organisés par la Société des amis de Marcel Proust.

Clin d’œil tout en bleu de cette recherche du temps perdu
