Basilique cathédrale Saint-Denis : dans le secret de la nécropole des rois et des reines de France

Ici reposent 43 rois et 32 reines, du plus jeune (4 jours), au dernier en 1824.

Parvis de la basilique cathédrale Saint-Denis. Aujourd’hui, population et religions diverses se retrouvent à portée de ses trois portails conçus au XIIe siècle par l’abbé Suger. Saint-Denis est la nécropole des rois et reines de France. Construite sur la tombe de saint Denis, évêque missionnaire mort vers 250, l’abbaye royale de Saint-Denis accueille dès la mort du roi Dagobert en 639 et jusqu’au XIXe siècle, les sépultures de 43 rois, 32 reines et 10 serviteurs de la monarchie. En 1966, la basilique fut élevée au rang de cathédrale. Photo © François Collombet
L’enfant roi en habit royal. Ce gisant enfant dans le transept droit de Saint-Denis est Jean 1er dit le Posthume. Il fut roi 4 jours en 1316 après sa naissance durant la régence de son oncle, Philippe de Poitiers (le futur roi Philippe V). Il est donc le seul roi de France à avoir régné de sa naissance à sa mort. Ses parents (Il est fils unique) sont le roi Louis X le Hutin et Clémence de Hongrie. Jean I° et Jeanne de Navarre (sa demi-sœur) sont allongés aux pieds de Louis X leur père (gisants en marbre blanc sur dalle en marbre noir). Le gisant de sa mère est installée plus loin dans la partie capétienne. Jean naquit après la mort du roi en 1316 à 25 ans. Pour la première fois, un souverain capétien ne laissait pas d’héritier. Photo © François Collombet

Le plomb de leur cercueil pour en faire des balles

Statues funéraires de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Elles sont commandées par Louis XVIII lors du rapatriement des cendres des souverains du cimetière des innocents à Paris, en 1815. Il voulait célébrer le retour des Bourbons sur le trône de France. Leurs restes se trouvent dans la crypte. Il est à noter que ces priants (ou orants) achevés vers 1830 ont de quoi surprendre : Marie-Antoinette porte une robe d’inspiration Empire. Le roi, lui, porte le costume du sacre. Photo © François Collombet

Louis XVI et Marie-Antoinette, dans l’ossuaire du cimetière de la Madeleine

 Monument funéraire de Louis XII et d’Anne de Bretagne en marbre blanc et bronze. C’est l’un des plus imposants monuments funéraires de la nécropole et sans doute le plus émouvant. Dans la partie basse, les cadavres marqués par les convulsions et les derniers spasmes de l’agonie. Une scène macabre que vient rehausser un trait de lumière venu des vitraux. Les quatre vertus cardinales entourent les piliers qui soutiennent la plate-forme. Assis sur une margelle, les apôtres. Au-dessus, le couple en prière, serein et en pleine gloire semble être promis à l’éternité. Photo © François Collombet

Les capétiens et les Valois dans le marbre et en costumes de sacre

Gisants de Charles VI et Isabeau de Bavière, marbre, XIVe siècle avec son cartel numérique qui permet d’approfondir la connaissance des gisants et des tombeaux, avec des informations détaillées sur chaque personnage, leur époque et leur place dans l’histoire de France. Ces cartels sont positionnés au plus près des tombeaux pour permettre une interaction directe et un accès facile aux détails. Photo © François Collombet

Dans un réalisme saisissant, François 1er et Claude de France à taille réelle

Le tombeau de François Ier , de sa femme Claude de France et de trois de leurs enfants, Il fut installé en 1558, 11 ans après la mort du roi. Un monument à 2 étages en marbre blanc et marbre noir, œuvre de Philibert Delorme. Les gisants, ont une attitude apaisée proche du sommeil. Les stigmates de la mort sont moins visibles que ceux de Louis XII et d’Anne de Bretagne. Les transis de François I° et de Claude de France ne sont pas convulsés par l’agonie. Photo © François Collombet

Son fils Henri II et commanditaire du monument, voulut assurer la mémoire posthume de son père chef d’armée et chevalier, en exaltant la célèbre bataille de Marignan (1515) dont François 1er fut le vainqueur à l’âge de 20 ans. 

 Bataille de Marignan, bas-relief, par Jean Goujon, tombeau de François Ier et Claude de France, vue de la façade antérieure de la plate-forme supportant les sarcophages et les transis du roi et de la reine. Photo © François Collombet
Bas-côté nord de Saint-Denis et son portail datant du XIIe siècle, dit : la porte des Valois car donnant au XVIe siècle sur la rotonde des Valois. Son tympan est consacré au martyr de Saint Denis Cette façade est dominée par une large rose rayonnante. Au-dessus, un pignon à crochets, orné d’oculi et encadré de pinacles, qui couronnent les contreforts. Photo © François Collombet
Tombeau d’Henri II et de Catherine de Médicis, l’un des plus majestueux édifices funéraires de la basilique. Il a été commandé, en 1560, à Germain Pilon et Ponce Jacquiot, par le Primatice qui travaillait pour François Ier (maître incontesté de l’école dite de Fontainebleau). Les deux gisant sont situés dans une chapelle du chevet nord, sculptés en vêtement de sacre. Ils ont les yeux grands ouverts. Cet monument conçu comme un temple à l'antique est doté de marbres de différentes couleurs, Voir les monumentales vertus de bronze aux quatre angles du tombeau (prudence, force, tempérance et justice). Au sommet, les figures agenouillées sont en habit de sacre. Le roi tient sa main droite sur le cœur en allégeance à sa foi catholique.




Tombeau d’Henri II et de Catherine de Médicis, l’un des plus majestueux édifices funéraires de la basilique. Il a été commandé, en 1560, à Germain Pilon et Ponce Jacquiot, par le Primatice qui travaillait pour François Ier (maître incontesté de l’école dite de Fontainebleau). Les deux gisant sont situés dans une chapelle du chevet nord, sculptés en vêtement de sacre. Ils ont les yeux grands ouverts. Cet monument conçu comme un temple à l'antique est doté de marbres de différentes couleurs, Voir les monumentales vertus de bronze aux quatre angles du tombeau (prudence, force, tempérance et justice). Au sommet, les figures agenouillées sont en habit de sacre. Le roi tient sa main droite sur le cœur en allégeance à sa foi catholique.
Tombeau d’Henri II et de Catherine de Médicis, l’un des plus majestueux édifices funéraires de la basilique. Il a été commandé, en 1560, à Germain Pilon et Ponce Jacquiot, par le Primatice qui travaillait pour François Ier (maître incontesté de l’école dite de Fontainebleau). Les deux gisant sont situés dans une chapelle du chevet nord, sculptés en vêtement de sacre. Ils ont les yeux grands ouverts. Ce monument conçu comme un temple à l’antique est doté de marbres de différentes couleurs, Voir les monumentales vertus de bronze aux quatre angles du tombeau (prudence, force, tempérance et justice). Au sommet, les figures agenouillées du roi et de la reine. Ils sont en habit de sacre. Le roi tient sa main droite sur le cœur en allégeance à sa foi catholique. Photo © François Collombet
Gisants d’Henri II et de Catherine de Médicis par Germain Pilon (marbre et bronze). Ils proviennent de la rotonde des Valois. Photo © François Collombet

Les tombeaux des “tyrans”

Si l’on ajoute que l’abbaye détenait aussi les regalia – les insignes du pouvoir remis lors des sacres (sceptre, couronne, épée) -, qu’y étaient rédigées les chroniques officielles du royaume, qu’on y couronnait les reines de France jusqu’à Marie de Médicis, on ne s’étonnera pas que la Révolution s’acharnât sur elle. Les tombeaux des «tyrans» furent vidés, la basilique pillée et les cadavres royaux jetés dans une fosse commune. La restauration de l’église, commencée vers 1813, reprit, après l’effondrement de la tour nord, sous la direction du jeune Viollet-le-Duc, qui entreprit son premier chantier.

Le caveau des bourbons et ses 6 dalles en marbre noir

Dalles funéraires dans le caveau des Bourbon (ou chapelle d’Hilduin). Les murs et les chapiteaux de cette chapelle remontent au plus tard au XIIe siècle. Les six dalles de la crypte en marbre noir ont été réalisées en 1975. L’une d’entre elles, sans inscription, était destinée à recevoir le corps de Charles X, frère de Louis XVI et de Louis XVIII, mort en exil en 1836. Louis XVIII sera le dernier roi de France mort au pouvoir à être embaumé et inhumé, le 25 octobre 1824 dans la basilique Saint-Denis. Photo © François Collombet
Le chœur de la basilique cathédrale Saint-Denis. Il a été restauré et réaménagé et accueille un mobilier liturgique de pierre et de lumière réalisé par l’artiste Vladimir Zbynovsky. Au premier plan, le nouvel autel, bloc de pierre couvert d’une épaisse dalle de verre parfaitement translucide qui laisse passer la lumière naturelle en son centre jusqu’au plus profond de la crypte. Cette alliance de la pierre et du verre, fondement même de l’église historique, est à l’origine de la réflexion de Vladimir Zbynovsky. A droite, on aperçoit le tombeau de Dagobert, le premier roi à être enterré dans l’abbatiale. Il est considéré comme le fondateur de l’abbaye. En son hommage, les moines au XIIIe siècle réalisèrent un tombeau de dimension exceptionnelle. toujours situé à son emplacement d’origine. Photo © François Collombet
 A l’angle du transept sud, au pied du premier pilier, deux des trois chérubins ornant “Le Monument du cœur de François II”, sculpture en marbre du Primatice de 1572. Ce transept gothique rayonnant excessivement large (double bas-côtés), œuvre vers 1260 de l’abbé Eudes Clément répondait au besoin de la nécropole royale depuis le XIIe siècle. Voir La rose du transept nord et la galerie supérieure qui la borde (Vitrail du XIXe siècle). Photo © François Collombet

Cette église abbatiale, modèle de tant de cathédrales, devint cathédrale à son tour le 9 octobre 1966, avec la création de l’évêché de Seine-Saint­-Denis. Après le grand chantier entrepris en 2012 pour restaurer la façade et ses trois portails, s’engage en 2025 celui de la flèche de la tour nord qui s’élèvera à 90 m de haut pour redonner à Saint-Denis son intégrité et son harmonie.

Leave a comment