Claude Debussy : prélude à un après-midi dans sa maison natale

Bienvenus dans la maison natale de Claude Debussy à Saint-Germain-en-Laye

La maison natale de Claude Debussy à Saint-Germain-en-Laye, 38, rue au Pain, entre le château et le musée Maurice Denis. C’est une maison du XVIIe siècle récemment rénovée devenue le seul musée entièrement consacré à l’œuvre de Claude Debussy. Photo © François Collombet
A l’entrée, cette statue allégorique en marbre d’Aristide Maillol (1881-1944) : “La Musique Hommage à Claude Debussy” (1932). Maurice Denis alors président du comité Debussy fondé à la mort du compositeur (avec Gabriel Astruc et Emma Debussy, veuve de Claude Debussy) commande cette œuvre au sculpteur. Elle fut d’abord érigée dans le jardin des Arts avant de rejoindre la maison natale du compositeur. Sa base est ornée des premières mesures de Prélude à l’après-midi d’un faune. Photo © François Collombet

Il naît au premier étage, il y vivra jusqu’à ses deux ans

C’est là, dans cette très modeste et très exiguë maison qu’il est né le 22 août 1862. Il est l’aîné de quatre enfants. Il y vécut près de trois ans. Voici un bâtiment de bourg qui comportait une boutique au rez-de-chaussée et des appartements à louer dans les étages. Ses parents louaient le 1er étage (où il vint au monde) et géraient la boutique en vendant des faïences, des porcelaines et de l’huile pour lampes à pétrole*. Cette maison est devenue un joyau patrimonial de la ville non seulement parce qu’elle abritait la naissance de Claude Debussy mais qu’elle est également un témoin de l’histoire de Saint-Germain-en-Laye et de son urbanisme entre le XVIIe et le XIXe siècle. A ce titre les toitures, la cour et l’escalier à balustres de la Maison natale avaient été inscrits Monuments Historiques dès 1972.

*Malheureusement, en 1864, Debussy père se déclara en faillite et la famille dut quitter Saint-Germain-en-Laye.

Escalier en bois du XVIIe siècle de la cour intérieure de la Maison natale Claude Debussy, 38 rue au Pain. L’ensemble est classé Monument historique et labélisée Maison des Illustres. Photo © François Collombet
Dans la cour, au pied de l’escalier, ce projet de monument à Claude de Bussy : faune et chèvres d’Antoine Bourdelle (1861-1920). Photo © François Collombet

La rue au Pain, un éphémère passage devenu…

L’histoire de cette maison débute à la Renaissance avec l’instauration du marché aux grains et à la farine sous le règne de François Ier. Les boulangers installent leurs étals dans la rue qui deviendra « rue au Pain ». En 1680, le bâtiment se transforme avec deux corps de logis – celui sur rue de quatre étages et celui sur cour de deux – reliés par un escalier extérieur en bois. Une grande boutique occupant le rez-de-chaussée est vouée au commerce, celui notamment que tint le père du jeune Claude.

Un lieu de pèlerinage

Claude Debussy ne reverra sans doute jamais sa maison natale. Il meurt des suites d’un cancer du côlon, le 25 mars 1918, à 55 ans, non loin de là dans son hôtel particulier parisien, avenue du Bois de Boulogne. La maison de la rue au Pain qui était toujours un immeuble de rapport devint un lieu de pèlerinage encouragé par le Comité Debussy présidé par Maurice Denis*, Gabriel Astruc et Emma Debussy, veuve du compositeur. Deux plaques commémoratives sont posées en 1923. Le monument à Debussy par Aristide Maillol érigé d’abord dans le jardin des Arts, ouvre maintenant depuis 2025, le musée, au rez-de-chaussée.

*Maurice Denis et Claude Debussy se rencontrent en 1891 dans le cercle du peintre Henry Lerolle. Des amitiés naîtront notamment avec Paul Claudel, André Gide, Francis Jammes…En avril 1914, Maurice Denis achète à Saint-Germain-en-Laye, non loin de la maison natale de Debussy, un bâtiment de la fin du XVIIe siècle (ancien hôpital), baptisé par lui « Le Prieuré », où il habitera avec sa famille jusqu’à sa mort. Cette demeure familiale deviendra le musée Maurice Denis.

Une immersion dans la vie de Claude Debussy

Aujourd’hui, cette maison musée est une immersion dans l’univers du compositeur. Elle rend hommage à son génie musical et à son héritage impressionniste. Ici sont rassemblés des objets et des photographies qui permettent de mieux comprendre le processus créatif du compositeur. Il aimait s’entourer d’objets d’origines et de courants artistiques divers qui ont fortement influencé sa musique.

Le bureau de Claude Debussy reconstitué dans sa maison natale. Sa table de travail en chêne, dessinée par Henry Lerolle (début du XXe siècle) le suivit jusqu’à sa mort en 1918. Au mur, cette estampe japonaise La Grande Vague de Kanagawa faisant partie d’une série intitulée « Trente-six vues du mont Fuji », réalisées par le peintre japonais Hokusai entre 1830 et 1833. Elle fut une source d’inspiration pour son chef d’œuvre, La Mer. Photo © François Collombet

Claude Debussy, la vie tourmentée de celui qui défia les normes et les règles

Claude Debussy fut influencé par Schumann, Liszt et Chopin tout en se démarquant de Beethoven, Brahms ou même de Wagner. Ses recherches sur les timbres, les harmonies et sur les capacités de résonance du piano, aboutirent à l’écriture de pièces “éminemment poétiques, subtiles, colorées, sensorielles et imaginatives”. Photo DR

On découvre très tôt ses dons pour la musique

Portrait de Claude Debussy à l’âge de 23 ans. Bronze de 1962 de Jean-Paul Luthringer (1923-2006).Photo © François Collombet

Claude Debussy doit son éducation à son parrain, Achille Arosa, banquier et collectionneur d’art. Sa marraine n’est autre que Clémentine Debussy, tante de Claude et maîtresse d’Arosa. Mais celle qui découvrit ses dons exceptionnels pour la musique fut Mathilde Mauté (dit Mauté de Fleureville 1853-1914), une pianiste confirmée. Elle fut la jeune épouse de Paul Verlaine avant qu’il ne rencontre Arthur Rimbaud. Elle fut aussi élève de Chopin*. En 1872 (il n’a que 10 ans), Claude Debussy est admis au Conservatoire de Paris. Il compose ses premières mélodies en 1879 sur des textes d’Alfred de Musset (Madrid, Ballade à la lune), et, en 1884, il obtient le Prix de Rome avec sa cantate L’Enfant prodigue. Il y rencontre Liszt et Verdi.

*Claude Debussy dira d’elle : “Ma vieille maîtresse de piano, petite femme grosse, qui m’a précipité dans le Bach qu’elle jouait en y mettant de la vie”.

Le gamelan javanais

Son retour à Paris est plutôt heureux. Il est alors fasciné par la poésie symboliste de Stéphane Mallarmé et de Paul Verlaine et par leur recherche à exprimer l’ineffable, le mystère des choses, plutôt que la réalité concrète (en parfait écho avec ses propres aspirations musicales). Il traîne au « Chat Noir » où il fait la connaissance de Satie. En 1888, il se rend pour la première fois à Bayreuth où la musique de Wagner l’impressionne. Mais ce qui sera aussi déterminant pour le jeune musicien est sa rencontre avec le gamelan javanais*lors de l’Exposition Universelle de 1889. Une véritable révélation dans son désir de briser les carcans de l’harmonie occidentale.

*Le gamelan est un orchestre de percussions traditionnel indonésien principalement constitué d’instruments à percussions comprenant également des xylophones, des gongs et carillons de gongs, des tambours, des cymbales, des instruments à cordes et des flûtes en bambou.

Prélude à l’après-midi d’un faune”, l’essence du poème de Mallarmé

La reconnaissance arrive avec l’un de ses plus grands chef-d’œuvre. Une pièce d’une sensualité et d’une fluidité inouïes ! Une folle audace pour l’époque ! “Prélude à l’après-midi d’un faune”* est joué pour la première fois en 1894. Elle a su admirablement capter l’essence du poème de Mallarmé dont il tire le titre, avec cette liberté harmonique et rythmique. Le public ne comprend pas. Il est surpris voire choqué. Mais pour beaucoup, c’est l’éblouissement. Sa représentation fait un triomphe à la Société nationale de musique et le rend célèbre dans toute l’Europe. Ce Prélude n’est il pas considéré comme l’acte de naissance de l’impressionnisme musical ce qu’a toujours réfuté Debussy.

Claude Debussy, inspiré par la lecture du poème de Stéphane Mallarmé l’Après-midi d’un faune, compose son célèbre Prélude. En 1912, à l’occasion de la venue à Paris des Ballets russes de Serge Diaghilev, le danseur-chorégraphe Vaslav Nijinsky en tirera une chorégraphie. La générale eut lieu le 28 mai 1912 au théâtre du Chatelet en présence du compositeur, de  Maurice Ravel, Jean Cocteau, Auguste Renoir….Ce Ballet de 10 minutes va provoquer un scandale avec huées et bataille de presse. Pour les uns, c’est d’une “bestialité érotique” Pour les autres, d’une “beauté antique”, l’Après-midi d’un faune va révolutionner à jamais l’art de la danse. Photo DR

Les chansons de Bilitis, poèmes de Pierre Louÿs

Ils sont amis et entreprennent une importante correspondance. Ainsi, Debussy va en 1894 composer pour Pierre Louÿs un accompagnement des chansons du recueil de poèmes (Les chansons de Bilitis) : La Flûte de Pan, La Chevelure, Le Tombeau des Naïades.

Claude Debussy et Zohra Bent Brahim, la maitresse de Pierre Louÿs (1870-1925), romancier, poète et photographe (Photo de Pierre Louÿs entre mai et décembre 1897). “Tu ne peux pas imaginer comme elle est brune, vois-tu : et c’est joli, sur les draps blancs, un corps de femme en chocolat” écrit Pierre Louÿs à Claude Debussy d’Alger, le 15 avril 1897. Photo © François Collombet

“Pelléas et Mélisandre”, son seul opéra

Dans son œuvre, un seul opéra, “Pelléas et Mélisande” d’après la pièce de Maeterlinck. 1902, Première de “Pelléas et Mélisande” à l’Opéra-Comique. A cette occasion, les ennemis de Debussy et les amis de Maeterlinck s’unissent pour susciter une cabale. A la première, c’est un échec retentissant. Il fallut attendre quelques représentations pour que “Pelléas et Mélisande” rencontre le triomphe. Avec cet opéra, oubliés les airs grandiloquents habituel à cet art. Ici, Debussy a créé une œuvre d’une grande intimité. Les mots sont chuchotés dans une atmosphère lourde de mystère et de non-dits. On a dit que c’était une musique pour le théâtre. Oui, c’est une véritable révolution dans l’art lyrique ? Si “Pelléas et Mélisande” déroutera dans un premier temps, l’œuvre va pourtant rapidement s’imposer à Londres comme à New York.

Drame en cinq actes composé en 1893 et évoquant trois personnages hantés par la passion. Le prince Golaud recueille à l’orée d’un bois une jeune fille dont il va faire son épouse. Mais c’est du frère de Golaud, Pelléas, que Mélisande tombe amoureuse, et le destin fatal qui pèse sur les personnages les mène à la désolation. Photo DR

Amours et tumultes

Voici une liste (une « short List » sans doute !) de celles qui marquèrent la vie de Claude Debussy. Il y eut Marie-Blanche Vasnier, 32 ans, mère de deux enfants ; puis pendant dix ans « Gaby aux yeux verts », Gabrielle Dupont. Mais il décida d’en épouser, une autre. Ce fut Marie-Rosalie Texier, couturière, surnommée “Lilly”, le 18 octobre 1899. La pauvreté du couple est telle qu’il dût donner des leçons de piano le jour de ses noces, afin de payer le prix du repas. Cependant, sa rencontre avec Emma Bardac, femme d’un riche banquier et ancienne maîtresse de Gabriel Fauré sera décisive (Enfin une femme de la haute bourgeoisie !). Elle est une femme du monde et une chanteuse accomplie. Il va rompre avec Lilly, qui, désespérée, tente de se suicider par balles (une balle qui ne put être extraite ce qui causa jusqu’à sa mort, d’horribles souffrances). Enorme scandale ! Claude Debussy épousera finalement Emma en 1908. Mais avant, en 1905, était née Claude-Emma dite “Chouchou”, leur fille.

Claude Debussy et Emma Bardac, ce voyage en amoureux à Pourville, entre le 7 août et le 24 septembre 1904. Photo DR

La rencontre en 1903, avec Emma Bardac, 42 ans, fait partie des mondanités. Entre eux, tout évolue très vite. Dès 1904, ils partent en escapade amoureuse entre Jersey, Dieppe et Pourville. Debussy finalise L’Isle Joyeuse qui devient hymne à l’amour.

Chouchou, sa fille chérie

Claude Debussy et sa fille, Claude-Emma dite ‘Chouchou”. Photo DR

La diphtérie l’emportera un an après lui

Chouchou est née de l’union de Claude Debussy et de sa seconde épouse, Emma Bardac. Claude-Emma Debussy, dite « Chouchou » dont le nom deviendra célèbre grâce à une dédicace faite par son père dans sa célèbre suite pour piano, Children’s Corner. Elle inspire également le ballet La Boîte à joujoux (1913). Chouchou pianiste très prometteuse fut une véritable petite muse pour compositeur. Elle meurt à 14 ans de la diphtérie en juillet 1919, un an après son père, suite à un mauvais diagnostic. Erik Sati, qui était proche de Debussy, lui dédia également une pièce issue de ses Croquis et agaceries d’un gros bonhomme en bois (1913), Españaña.

Sur les bords de la Marne dans l’intimité de Claude Debussy. Photo © François Collombet

Debussy et le questionnaire de Proust

Répondant au Questionnaire de Proust, à la question « Pour quelles fautes avez-vous le plus d’indulgence ? » Debussy répondra avec ironie : « les fautes d’harmonie ».Photo © François Collombet

Claude Debussy à l’époque de Pelléas et Mélisandre

Portraitiste mondain, Jacques-Emile Blanche (1861-1942) suit la carrière de Debussy. En 1902, année de la création de “Pelléas et Mélisandre”, il organise dans son hôtel particulier de Neuilly, une séance avec le compositeur pour un portrait en pied. En 1903, dans le jardin cette fois, il réalise un second portrait. La pose est interrompue par la pluie. Debussy s’y trouve l’air “d’un fromage blanc fatigué par les veilles” mais les variations de lumière de la séance lui inspire : “Jardins sous la pluie” (Estampes).

Claude Debussy et son portrait par Jacques-Emile Blanche (1861-1942), à Auteuil, 1903 (huile sur toile). Photo © François Collombet
Claude Debussy et son portrait par Jacques-Emile Blanche (1861-1942), à Auteuil, 1903 (huile sur toile). Photo © François Collombet

La Mer, chef-d’œuvre absolu de la musique française

C’est en Bourgogne, à Bichain (Villeneuve-la-Guyard, près de Sens) bien loin de la mer, pendant l’été 1903 que Debussy entreprend ce qui sera son plus grand chef-d’œuvre : La Mer, trois esquisses symphoniques (1- de l’aube à midi sur la mer 2- jeux de vagues 3- dialogue du vent et de la mer). En référence, c’est l’univers pictural de Monet, Turner et Hokusai (dont cette fameuse Vague qui orne la couverture de la partition originale). Elle permet au musicien d’exploiter le chatoiement des couleurs, les jeux de timbres et les variations de rythmes. La Mer demeure pour Sergiu Celibidache, chef d’orchestre roumain (1912-1996) « la Bible de la musique française ».* A cette époque, la renommée de Debussy n’est plus à prouver, il vient par ailleurs d’obtenir la Légion d’honneur.

*Claude Debussy a toujours défendu la « tradition française » l’opposant à la musique allemande, qui avait alors pour chef de file, Wagner. Il eut d’ailleurs à ce sujet, des propos nationalistes, voire chauvinistes. 

Cette Vague est l’œuvre d’art la plus célèbre du Japon et de l’un des paysages marins les plus connus : “La grande vague au large de Kanagawa” de  Katsushika Hokusai (1760-1849). Cette estampe était en bonne place dans le bureau de Claude Debussy. Ce fut sans doute une source d’inspiration pour le compositeur. Il peindra les vagues, le vent et les mystères de l’océan avec une palette sonore inouïe. Photo prise dans le bureau reconstitué dans sa maison natale. Photo © François Collombet

Son père voulait en faire un marin

Debussy avait une passion pour la mer. D’ailleurs son père voulait en faire un marin ! « Seuls les hasards de l’existence m’ont fait bifurquer. Néanmoins j’ai conservé une passion sincère pour Elle. Vous me direz à cela que l’Océan ne baigne pas précisément les coteaux bourguignons… ! […] Mais j’ai d’innombrables souvenirs ; cela vaut mieux en mon sens, qu’une réalité dont le charme pèse généralement trop lourd sur votre pensée », confie-t-il à son ami André Messager, compositeur et chef d’orchestre, alors qu’il jette les premières notes de La Mer sur le papier.

La Mer a été composée entre 1903 et 1905. Cette œuvre marque pour Claude Debussy une rupture avec le romantisme et sa quête de forger un langage musical unique. C’est lors d’un séjour à Eastbourne, en Angleterre, que Debussy conceptualise « La Mer », en s’inspirant largement de la nature en constante évolution de la mer. Photo DR

La mer a été qualifiée de « meilleure symphonie écrite par un Français ». Elle est l’équivalent musical des peintures impressionnistes de Monet. Aujourd’hui, La Mer est un pilier des répertoires modernes.

Couverture de la première édition de La Mer de Debussy de 1905 publiée par A. Durand & Fils. Photo DR
Claude Debussy dans son atelier parisien, avec la « Grande Vague » de Hokusai exposée sur le mur arrière. Photographie d’Igor Stravinsky, 1910. Photo DR

Très tôt, depuis son séjour à Rome, il fut séduit par l’art japonais et celui d’Extrême-Orient (sans doute l’influence des grandes Expositions universelles de 1855 et de 1878). Cette initiation se fit par l’intermédiaire de son ami Théodore Duret (1838-1927), journaliste et historien japonisant. Il va ainsi acquérir estampes, céramiques, meubles ou porte-plume et pot à pinceau de bambou.

Le bureau de Claude Debussy reconstitué dans sa maison natale. Henry Lerolle (1848-1929) a probablement dessiné sur les instructions du compositeur, une table d’esprit japonisant. Claude Debussy avait choisi en effet de travailler sur un simple plateau de chêne, posé sur quatre pieds à entretoises, le tout évoquant l’architecture de bois japonaise. Photo © François Collombet

Petit répertoire des objets chéris par Claude Debussy

Ils ont toujours été présents sur son bureau :

Le presse-papier en forme de crapaud. Il l’avait surnommé “Arkel” (Japon, XIXe siècle, en bois). Ce crapaud tient une place très particulière chez Debussy. Il l’appelle Arkel, en référence au roi d’Allemonde et grand-père de Pelléas. Il trône sur sa table de travail, veillant sur son maître. Le compositeur emporte cet objet fétiche lors de ses voyages.

Encrier au porteur chinois endormi : Chine, début du XVIIIe siècle et Europe, XIXe siècle : porteur en porcelaine de Naberhima monté sur un socle en porcelaine blanche de Sèvres, verre et bronze doré.

Photo de Chouchou (la fille de Claude Debussy)dans le petit cadre arrondi. Elle est assise sur la terrasse, un chien à ses côtés. Paris, vers 1914.

Le sous-Main : Claude Debussy La chute de la Maison Usher* d’après la nouvelle éponyme d’Edgar Allan Poe à partir de 1908

*La Chute de la Maison Usher est un opéra inachevé de Claude Debussy, adapté d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe, traduite par Baudelaire. Claude Debussy travailla à cet opéra de 1908 à 1917 sans parvenir à l’achever.

Enfin, clin d’œil du musée Claude Debussy à Tintin

Buste de Claude Debussy exécuté par Zhang Chongren (1907-1998), artiste et sculpteur chinois connu pour avoir été l’ami d’Hergé et avoir inspiré le personnage de Tchang dans “Tintin au Tibet”. Photo © François Collombet

Ce curieux buste a été exécuté par Zhang Chongren, autrefois Tchang Tchong-Jen (1907-1998) ; un sculpteur passé à la postérité en Occident pour avoir été l’ami d’Hergé et avoir inspiré le personnage de Tchang dans “Tintin au Tibet”. Un buste acheté et déposé dans la maison natale de Claude Debussy en 1991.

Remerciements à Alexandra Zvereva

Remerciements à Alexandra Zvereva pour cette passionnante visite dans la maison natale de Claude Debussy. Elle est responsable des collections municipales de Saint-Germain-en-Laye (Musée Municipal, Maison natale Debussy, Collections Paul et André Vera), chargée du projet Ville d’Art et d’Histoire, ainsi que chercheur associé au Centre Roland Mousnier (CNRS, Paris-Sorbonne). Alexandra Zverera est docteur en histoire moderne de l’Université Paris-Sorbonne et diplômée d’histoire de l’art de l’université d’État de Moscou (médaille d’or).

Dans la petite cour de la maison natale de Claude Debussy, à gauche, Alexandra Zvereva et à l’extrême droite, l’auteur de cet article accompagnés par un groupe de journalistes de l’AJP (Association des Journalistes du Patrimoine).

La maison natale de Claude Debussy, 38, rue au Pain est à deux pas du Château Vieux à Saint-Germain-en-Laye. Photo © François Collombet

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