Y avoir été résident pendant deux ans m’apporte cette nostalgie d’un temps où le monde se retrouvait à la porte de ma chambre d’étudiant (Maison du Maroc).


Au sommaire :
I/ Ces six maisons inscrites ou classées au titre des Monuments historiques (Brésil, Suisse, Fondation Deutsch de la Meurthe, Hollande, Etats-Unis)
II/ L’esthétique et le confort des étudiants (Norvège, Allemagne)
III/ Des maisons, reflets de l’architecture de leur pays (Grèce, Cuba, Arménie, Japon, Suède, Danemark, Grande Bretagne, Espagne, Asie du Sud-Est)
IV/ Des maisons à la conception d’avant-garde ! (Fondation Avicenne-Iran, Île-de-France)
V/ En quinze ans, 10 nouvelles maisons (Egypte, Chine, Inde)
VI/ La Cité U, immense espace vert au sud de Paris
VII/ Ces maisons au sud qui regardent vers le parc (Tunisie, Corée, Liban, Cambodge)
VIII/ Des maisons d’exception (Mexique, Maroc)
Et, ce qu’on laisse derrière soi !
Entrez dans la “Cité U” (cité internationale universitaire), le campus monde de Paris

La « Cité U », une cité universitaire unique au monde ! Elle regroupe sur 34 ha (le deuxième plus vaste espace vert de Paris après la Vilette), 47 maisons représentant autant de pays. Elles accueillent chaque année 12 000 étudiants et chercheurs venus de plus de 150 pays. Cette cité monde est née d’un rêve humaniste. Elle fut bâtie à partir de 1925 (2025, année de son centenaire) dans le contexte pacifiste de l’entre-deux guerres autour de valeurs fortes : la tolérance, la solidarité, le dialogue entre les cultures et la paix*. Un incroyable espoir pour ces jeunes gens qui quelques années auparavant s’étaient entretués sur les champs de bataille. Ne dit-on pas que fut créé ici un laboratoire du « vivre ensemble » ! En un siècle, près de 450 000 étudiants,chercheurs et artistes (devenus parfois illustres) ont séjourné entre les murs de la Cité internationale universitaire de Paris (CIUP).
*La Cité n’a-t’elle pas été candidate au prix Nobel de la paix 2014 !


La Maison internationale, côté jardin. Cette grande pelouse est le lieu favori des étudiants et des visiteurs pour se retrouver et profiter de cet immense espace de jeux et de détente. Elle est bordée d’un alignement d’ifs taillés en topiaire. Sa géométrie constitue un axe de perspective qui s’accorde avec l’esprit monumental de la Maison internationale. Photo © François Collombet
“La construction de la Maison internationale a été réalisée en un temps record, en moins de deux ans, grâce à l’emploi d’une structure mé-tallique, aujourd’hui totalement masquée. Le nombre des ouvriers a été en moyenne de 500 par jour”.
Dans cette cité monde, plus de 1000 événements culturels par an.
A la Cité internationale, tout est fait pour favoriser la réussite universitaire. Une importante offre de services est mise à disposition des résidents (théâtre, bibliothèques*, auditorium, laboratoire de langues, coworking, théâtre, chorale, ateliers d’artistes, studios de musique, stades, piscine, tennis, gymnase…). Le programme des expositions est impressionnant. Elles sont organisées pour les plus importantes dans la Maison internationale ou dans les 47 autres maisons. Il faut savoir que la « Cité U » est aussi un lieu prisé des réalisateurs. Avec ses 300 décors différents, la Cité est l’un des lieux de tournage les plus prisés de la capitale.
*Une bibliothèque, dotée de 200 places assises, un cadre magnifique, des lampes sur chaque table, le calme et l’accueil (ouverte à tous).

Le Théâtre de la Cité internationale. Le théâtre de la Cité internationale inauguré en 1936 est installé au cœur de la Maison internationale. Il possède 3 salles (la Coupole : 318 places, la Galerie : 230 places et la Resserre : 144 place). Il est aujourd’hui dirigé par Frédérique Aït-Touati. Il accueille une programmation pluridisciplinaire en théâtre, danse, cirque et musique.
Le cinéma de la Cité CitéSHORTS est un festival de cinéma qui a été imaginé par des résidents et alumni (anciens résidents) ; des talents du campus qui passent derrière la caméra et partagent leurs histoires venues du monde entier. Sont organisés également des ateliers autour du cinéma plus la soirée cinéma en plein air.

Un tour du monde en 47 maisons
Alors, entrons dans cette incroyable « Cité U » où le brassage est la règle*. Voici une invitation à faire un tour du monde à la découverte des 47 maisons de cette Cité internationale. Ici se décline une étonnante palette de styles, régionaliste, classique, moderne, internationale ou durable. C’est tout simplement le reflet de la tradition architecturale de chaque pays, un lieu d’inspiration pour les artistes et architectes du monde entier comme Le Corbusier, Laprade, Claude Parent ou encore Willem Marinus Dudok. Plus récemment, ajoutons les agence Lipsky + Rollet, Baumchlager Eberlé ou l’atelier chinois Feichang Jianzhu (FCJZ). Certaines maisons évoquent l’architecture de leur pays comme la Maison du Japon, dotée de deux fresques de Fujita, ou les collèges anglais comme la Fondation Deutsch de la Meurthe, première maison édifiée à la Cité internationale. A l’intérieur de quelques maisons, des œuvres conçues en harmonie par de grands créateurs tels Charlotte Perriand, Jean Prouvé ou Lê Phô (peintre vietnamien à la renommée internationale).
*Dans chaque maison, 30 % des étudiants doivent venir d’autres pays que celui représenté, pour encourager la diversité et les échanges interculturels. C’est ce que l’on appelle « la règle du brassage ».

Une 48e maison mais une maison virtuelle : la Maison de l’Ukraine
Actuellement, 140 réfugiés universitaires ukrainiens sont hébergés à la Cité internationale. Ils sont logés parmi plusieurs des 43 maisons, sous la bannière « Maison d’Ukraine ». Pour financer leur accueil, la Cité internationale a demandé en 2022 à l’architecte Jean-Michel Wilmotte de dessiner une Maison virtuelle de l’Ukraine. Il fallait en effet donner une identité à ce projet d’accueil des étudiants et chercheurs ukrainiens sur le campus. Dans un futur qu’on espère proche, pourquoi ne pas utiliser la dernière parcelle disponible (entre la Maison du Portugal et celle de l’Egypte) ? Place idéal pour bâtir la Maison de l’Ukraine qui pourrait également accueillir des étudiants d’Europe centrale et orientale ou de pays candidats à l’Union européenne.

Plan de la Cité internationale universitaire de Paris : CITE U PARIS PG 29-06-20
I/ Ces six maisons inscrites ou classées au titre des Monuments historiques
1/ En 1985 : la Maison du Brésil conçue par Lucio Costa et Le Corbusier et inaugurée en 1959.
La Maison, composée d’une barre d’habitation de cinq étages, est portée par de solides pilotis en béton brut de décoffrage, surmontés de poutres. La façade est traitée en loggias colorées, à la manière des unités d’habitation construites par Le Corbusier. Charlotte Perriand a conçu l’aménagement des chambres (une centaine) et a complété le mobilier avec quelques pièces dessinées par Jean Prouvé et Harry Bertoïa.


2/ En 1986 : la Fondation suisse réalisée par Le Corbusier en 1933. Ont été également classés les éléments dessinés par Le Corbusier : la peinture murale du grand salon, une banquette et 10 fauteuils, la banquette du vestibule du 1er étage et la banquette du palier de l’escalier.

La Fondaton suisse est l’oeuvre de Le Corbusier et de Pierre Jeanneret (1933). C’est le premier édifice moderniste de la Cité avec les « cinq points d’une architecture nouvelle » : pilotis, plan libre, façade libre, toit-terrasse, fenêtres en bandeau, théorisés par ses constructeurs.

3/ En 1998 : la Fondation Deutsch de la Meurthe : conçue par Lucien Bechmann et inaugurée en 1925 dont le hall d’entrée, le hall de réception (le grand salon), le clos et le couvert des 7 pavillons qui composent la Fondation ainsi que le jardin et les terrasses dallées. Depuis février 2024, la totalité du pavillon central est inscrit.


C’est là que tout a commencé
C’est là, le 9 mai 1923 que tout a commencé. La première pierre de la Fondation Deutsch de la Meurthe était posée. Elle est encore visible, encastrée dans un mur, discrète, mais symbolique. Dans le jardin, il est possible de voir un vestige de l’enceinte de Thiers, ancien système de fortifications parisien du XIXe siècle. Ce projet d’avenir qui devait accueillir des étudiants du monde entier se voyait ainsi confronté si intimement à l’histoire de la capitale. Dès 1925, la fondation Deutsch de la Meurthe élevait sept différents pavillons à bow-window, fenêtres à meneaux et motifs pittoresques tels que des échauguettes et tourelles d’angles.

6 pavillons autour de son pavillon central doté d’un beffroi et de son horloge.
Sans aucun doute, c’est la vision d’un collège anglais comme à Oxford ou à Cambridge avec un plan parfaitement symétrique articulé autour d’un espace vert central. Six des pavillons étaient réservés à l’hébergement des étudiants, les étudiantes étant logées dans le pavillon Pierre et Marie Curie jusqu’aux années 70. Des pavillons regroupés autour d’un pavillon central, avec beffroi et horloge. Ils portent des noms d’universitaires ayant occupé de hautes fonctions administratives ou des savants ayant honoré l’université de Paris comme Pasteur, Appell, Liard, Gréard, Poincaré.



Un style dont le modèle est à fois anglais et français
L’architecte de la fondation, Lucien Bechmann prend pour modèle une architecture à pignons en maçonnerie, d’inspiration médiévale, qui rappelle celle des collèges d’Oxford ou des universités anglaises* même si, précise-t-il, les éléments qui lui ont servi de modèle “sont essentiellement français”, par exemple l’hôtel de Cluny près de la Sorbonne ou “les tourelles en encorbellement des vieilles rues du Marais ».
*Cette référence n’est pas fortuite, le modèle anglo-saxon de la vie universitaire ayant été explicitement invoqué par les créateurs de la Cité.


Des bâtiments réhabilités
En 2005, des travaux de rénovation ont permis de réhabiliter la Fondation Deutsch de la Meurthe. Les pavillons ont été adaptés aux normes de confort du XXIe siècle notamment pour les 367 logements occupés par des résidents venus de 61 pays. Façades et toitures furent également restaurées.

4/ En 2005 : le Collège néerlandais. Seule réalisation de Willem Marinus Dudok en France, le Collège néerlandais, inauguré en 1938, a été classé en totalité au titre des Monuments historiques le 4 mars 2005.

Etonnant ! Seul bâtiment de la Cité internationale à posséder un bassin intérieur.
Il est revêtu d’une mosaïque bleue. Le Collège possède également un nombre de toitures terrasses impressionnant : 33 au total. Il offre 141 chambres (et 34 nationalités), plusieurs espaces communs avec salles d’étude, cuisines partagées et terrasses sur toit. Ce collège constitue la seule œuvre de l’architecte Willem Marinus Dudok en France.
“Sa forme orthogonale, son imbrication de volumes géométriques et son dépouillement décoratif en font un témoignage majeur du courant architectural moderniste“.

5/ En 2008 : la Fondation Avicenne. Elle a été conçue par Claude Parent, André Bloc, Mossem Foroughi et Hedar Ghiai et inaugurée en 1969 a été inscrite en totalité au titre des Monuments historiques le 29 octobre 2008 (bâtiment, emprise au sol et composition paysagère).

6/ En 2009 : la Fondation des Etats-Unis conçue par Pierre Le Prince-Ringuet. Elle a été inaugurée en 1930, et en partie inscrite au titre des Monuments historiques en 2009 (le grand salon et son décor).

La Fondation des États-Unis est construite en forme de U avec un bâtiment central le long du boulevard Jourdan et deux ailes du côté parc. En 2007, grâce à un partenariat entre l’université de Chicago et la Cité universitaire, un premier grand projet de rénovation permit la création de chambres supplémentaires. En 2011, avec le soutien de mécènes, les fresques du Grand salon ont été totalement rénovées. Ces fresques, œuvre du peintre franco-américain Robert La Montagne Saint-Hubert, ont été classées monument historique.
Ces fresques de Robert La Montagne Saint-Hubert ornant le Grand salon
En 1994, un ensemble de fresques de Robert La Montagne Saint-Hubert a été redécouvert dans le Grand salon par le directeur de l’époque. Ces fresques qui évoquent les quatre âges de l’art français (période romane, mystique, renaissance et classique) ont été restaurées par une équipe d’experts du Louvre.



II/ L’esthétique et le confort des étudiants
Le campus de la Cité internationale met à la disposition des étudiants, des chercheurs, des artistes venus du monde entier 7 200 hébergements répartis en différentes typologies : studio, chambre simple ou double ou appartement de 3 à 5 pièces.
Dès ses origines, la Cité internationale fit appel à des créateurs visionnaires pour imaginer des espaces de vie fonctionnels, esthétiques et adaptés à un mode de vie communautaire et international. Chaque objet semble ici raconter une vision du monde où la forme épouse la fonction et où le confort sert le vivre-ensemble. Mais l’accueil des résidents a dû évoluer avec le temps. Ainsi la taille des étudiants ! Pour en tenir compte, les lits, conçus à l’origine pour des gabarits plus modestes, mesuraient 1,90 m. Aujourd’hui, ils atteignent jusqu’à 2,10 m dans certaines maisons. L’exemple de la maison de la Norvège est significatif. Pour s’adapter aux standards actuels, il fallut rallonger de 10 cm les lits design en bois clair, imaginés dans les années 1950 par la créatrice Anne Lise Aas (lors de la réhabilitation de la maison en 2011).
Maison de Norvège, confort scandinave !

Œuvre de l’architecte norvégien Reidar Winge Lund, le bâtiment est représentatif du modernisme norvégien avec des lignes nettes, des formes pures et rationnelles. L’influence nordique se manifeste dans l’utilisation de briques rouges en façade, importées de Norvège, et de bois clair dans les espaces intérieurs. Pour préserver l’esprit nordique, une attention particulière a été portée au confort des espaces collectifs. La maison dispose de 102 logements.

Maison Heinrich Heine (Allemagne) : une des réalisations les plus modernes et les plus confortables de son époque
Vivre à la Maison Heinrich Heine, c’est bien plus qu’occuper une chambre : c’est partager un quotidien international au cœur de la Cité universitaire, où échanges, convivialité et diversité se rencontrent. Entre études, rencontres interculturelles et vie collective, la Maison offre un cadre unique pour vivre et apprendre dans un esprit de brassage et de dialogue. À la fois lieu d’hébergement, d’études et de convivialité, la Maison Heinrich Heine propose à sesrésidents un environnement stimulant, ouvert sur la Cité internationale et sur Paris.

Le style de l’architecte, Johannes Krahn se distingue par l’usage du verre, du béton et de l’acier, dans l’esprit du Bauhaus et inspiré par Le Corbusier. Pour la Maison Heinrich Heine, il associe béton, pierre de taille et grands panneaux vitrés, sans profilés dans les angles, créant une impression de transparence et de légèreté. On retrouve cette finesse technique dans des éléments tels que les escaliers aux marches trapézoïdales ou les petits balcons en saillie.


III/ Des maisons reflets de l’architecture de leur pays
Certaines maisons évoquent l’architecture de leur pays comme la Maison du Japon, dotée de deux fresques de Fujita, ou les collèges anglais comme la Fondation Deutsch de la Meurthe, première maison édifiée à la Cité internationale. Egalement les Maisons de l’Asie du Sud-Est, des étudiants arméniens, la Fondations Abreu de Grancher (Cuba) ou la Fondation hellénique affichant des signes d’appartenance à une tradition architecturale parfois ancestrale (évocation de l’architecture annamite, le style des monastères arméniens, de l’architecture coloniale espagnole ou encore du classicisme grec).
La Fondation hellénique, aux dimensions du temple d’Héra à Olympie

Aujourd’hui, la Fondation propose aux résidents 82 chambres rénovées en 2021.
Fondation Rosa Abreu de Grancher (Cuba) avec son mobilier en bois d’acajou

La Maison de Cuba était considérée comme la plus luxueuse de la Cité internationale parce que chaque chambre disposait d’une salle de bain avec baignoire et qu’une partie du mobilier en bois d’acajou provenaient de la capitale cubaine. Aujourd’hui, la Fondation Rosa Abreu de Grancher dispose de 87 logements de style authentique.
Maison des étudiants arméniens : permettre à une nation de renaître !
Son architecte, Léon Nafilyan conçoit un bâtiment sobre, de plan rectangulaire, développé sur quatre niveaux. Les espaces communs, réduits au strict nécessaire, laissent place à un travail soigné sur les façades. L’originalité du projet repose sur l’intégration de références précises à l’architecture religieuse arménienne médiévale

Dès sa construction, la Maison participait à la reconstruction d’une identité culturelle arménienne dans le contexte de l’exil, après le génocide de 1915 et la perte de souveraineté de la jeune République d’Arménie en 1920. En 1927, Boghos Nubar Pacha, diplomate et mécène, fait don de trois millions de francs à la Cité internationale universitaire de Paris pour y édifier un pavillon destiné à accueillir les étudiants de la diaspora. Il confie la conception du bâtiment à l’architecte Léon Nafilyan, avec l’objectif de créer une « petite Arménie » à Paris, écho occidental à la nouvelle capitale Erevan que dessinait à la même époque Alexandre Tamanian en URSS.
Ancien résident célèbre, Hovhannes Tchekidjian (né en 1929), chef d’orchestre de renommée internationale a joué sur les scènes du monde entier avec 67 orchestres symphoniques. Il a dirigé le Chœur national académique d’Arménie lors d’un concert exceptionnel le 13 novembre 2019 dans la salle des fêtes de la Fondation Biermans-Lapôtre à l’occasion des 90 ans de la maison.
La Maison du Japon et ses fresques de Fujita
la Maison du Japon inaugurée en 1929, fut entièrement financée par un riche homme d’affaires, Jirohachi Satsuma (1901–1976), au nom du gouvernement japonais. De couleur gris mauve, le quadrillage de panneaux créé par l’ossature béton fait référence à la charpente en bois nippone. Les toits sont couverts de pannes, des tuiles au ton brun, qui ont la même forme que des tuiles nippones. L’intérieur obéit au même parti de simplicité et de géométrie caractéristique des intérieurs japonais. La grande salle de réunion s’ouvre par des baies coulissantes à la manière des maisons traditionnelles. Cette Maison comprend 77 logements de tailles différentes.

Le jardin japonais sur le terrain a été conçu par le jardinier Shimota et comporte des éléments traditionnels tels qu’un étang, des sentiers sinueux et des clôtures en bambou.
Deux peintures murales signées du célèbre peintre Tsuguharu Foujita*
Le grand salon et le hall de la Maison du Japon sont décorés de deux peintures murales signées du célèbre peintre Tsuguharu Foujita, commandes directes du fondateur : « L’arrivée des occidentaux au Japon » et « les chevaux ». Elles ont été restaurées en 2000, ainsi que la frise en verre gravé de Henri Édouard Navarre (1885-1971 ) sculpteur, médailleur et verrier français.
*Léonard Foujita (1886-1968), de son nom d’artiste.

Maison des étudiants suédois, le bonheur d’être en Suède et à Paris !
Cette maison ressemble à un manoir suédois du XVIIIe siècle, avec sa haute toiture débordante
percée d’œils-de-bœuf et de lucarnes. Elle dispose de 44 logements sur quatre étages. voyez cette référence à la tradition suédoise qui consiste à disposer les fenêtres au nu extérieur de la façade.



Fondation danoise beignée dans cette ambiance « hygge* »
La Fondation danoise se distingue par son revêtement en briques mauves, sa composition classique, sa toiture en double pente et ses lucarnes, en référence à la tradition constructive scandinave. Cependant, le dépouillement des façades traduit l’influence du modernisme. Toutes les chambres sont équipées d’une salle de bain, d’un cabinet de toilettes et de meubles au design danois. Les espaces en commun ainsi que certaines chambres sont désormais adaptés aux personnes à mobilité réduite. La salle de musique a été entièrement rénovée et insonorisée.
*”Hygge” est cette notion typiquement danoise, difficile à traduire dans d’autres langues qui fait référence à un sentiment de bien-être, une humeur joyeuse et une atmosphère intime et chaleureuse.

Collège franco-britannique
Le Collège franco-britannique a été créé par Pierre Martin et Maurice Vieu, deux architectes qui furent aussi les auteurs de la Maison des étudiants de l’Asie du Sud-Est. Son style architectural est ancré dans la tradition britannique.

D’importants travaux de rénovation ont été entrepris jusqu’en 2008, confiés à l’architecte Vincent Sabatier. Ces interventions ont permis d’augmenter et de varier l’offre de logements : 206 chambres avec sanitaire indépendant et 66 studios équipés en kitchenette permettent désormais l’accueil d’enseignants et chercheurs internationaux.

Colegio de Espana, vivre dans un palais

L’édifice, en pierre de taille est ponctué par ses tours, version moderne de celles du palais de Monterrey. Le bâtiment en forme de H s’élève sur quatre niveaux, tandis que les extrémités des ailes présentent un cinquième niveau qui, à l’origine, abritait des ateliers. Ces surélévations sont coiffées d’une toiture-terrasse marquée aux angles de pinacles qui confèrent à l’édifice une allure majestueuse. En hommage à la tradition universitaire espagnole, la façade de l’édifice a pour unique décoration les écus des douze universités historiques espagnoles.


Quelques anciens résidents célèbres
Le poète Luis Cernuda, une des âmes de la Génération de 27 ; le sculpteur Eduardo Chillida, innovateur de la sculpture moderne ; le peintre Antoni Tàpies, reconnu mondialement ; et Severo Ochoa, médecin et biochimiste, Prix Nobel de Médecine en 1959.
Maison des étudiants de l’Asie du Sud-Est, ancienne Maison d’Indochine
Peut-être voit-on une évocation d’Angkor et de l’art khmer. Mais le décor est surtout d’inspiration indochinoise. Une architecture qui intègre des éléments de l’architecture religieuse annamite. Deux architectes, Pierre Martin et Maurice Vieu, ont conçu le bâtiment, qui abritait à l’origine 100 chambres. Ils se sont inspirés de la tradition architecturale indochinoise, tout en respectant le gabarit parisien, comme le montrent les larges débords des toitures ou encore les angles des toits relevés en « bec de tourterelle ». Un jardin occupe la partie centrale du bâtiment.



*Lê Phô (1907-2001) a su réconcilier l’Orient et l’Occident, l’intime et l’onirique. Il est la figure de proue de l’art moderne vietnamien. Formé à Hanoi, installé à Paris, il a su créer un langage pictural unique, traversant les époques sans jamais trahir ses racines. Aujourd’hui, ses œuvres battent des records dans les ventes internationales.

IV/ Des maisons d’avant-garde !
Fondation Avicenne, vraie icône architecturale
Ce très étonnant édifice avant-gardiste, oeuvre édifié par Claude Parent et André Bloc (associés aux architectes iraniens Hedar Ghiai et Massem Foroughi) est une véritable icône architecturale, référence dans l’architecture métallique du XXe siècle. Elle fut achevée en 1969. Farah Pahlavi (qui résida à la Cité au Collège néerlandais) avait convaincu son époux, le chah Mohammad Reza Pahlavi, de l’intérêt de réaliser un tel pavillon.


Maison de l’Île-de-France, une oeuvre de haute technicité.
C’est l’une des premières maisons construites à la Cité internationale Universitaire de Paris (CIUP) depuis 1969. Une résidence pour étudiants et chercheurs de142 chambres et bâtiment pionnier à énergie ZEN (Zéro Energie, Zéro Carbone, Zéro Déchet nucléaire) ; le premier bâtiment d’habitation collective à énergie positive de source 100 % solaire réalisé en France. L’objectif affiché de la Maison de l’Île de France est de produire et accumuler le maximum d’énergie en été et de l’utiliser en hiver. C’est donc dans le cycle long que réside la valeur ajoutée de cette conception.


La Maison a obtenu le Prix International Green Solutions Award 2018 dans le cadre de la COP 24 en Pologne.
V/ En quinze ans, 10 nouvelles maisons
En quinze ans, dix nouvelles maisons sortent de terre côté est et ouest du parc. Les dernière, celles de l’Égypte et de la Chine ont été inaugurées en 2024.
Le Pavillon égyptien, une maison lumineuse et végétale
L’idée d’un Pavillon égyptien à la Cité internationale n’est pas nouvelle. Mais ce n’est que le 24 octobre 2017 qu’un accord formel a été signé pour la construction d’une Maison d’Égypte à la Cité internationale. Ce projet marque la volonté de renforcer la coopération universitaire, scientifique et culturelle entre la France et l’Égypte. La Maison d’Egypte est lumineuse et végétale où s’épanouit la vie en collectivité des résidents. Les textes égyptiens gravés sur la façade ont été sélectionnés à partir d’anciens textes traitant de la quête du savoir telle la prière à Thoth et la profession de foi du scribe dans le Papyrus Lansing. Au 8e et dernier étage, l’atrium est couvert par une large toiture-terrasse, un roof-top qui offre aux résidents un espace extérieur en été, largement ensoleillé. Au rez-de-chaussée, l’indispensable Café Egyptien.

La Maison de la Chine-Jardin de l’harmonie achevée en 2024.
Une double inspiration : le tulou chinois et l’îlot haussmannien : l’architecture s’inspire des maisons collectives traditionnelles originaires de la province du Fujian et de la densité de l’îlot haussmannien. Les chambres communiquent avec une galerie intérieure ouverte et sont desservies par des escaliers « promenades » qui traversent les jardins. Elles disposent chacune d’une salle de bain individuelle et sont aménagées avec un mobilier modulable permettant d’optimiser l’utilisation de l’espace.


Extension de la Maison de l’Inde
Une construction innovante en bois
Compacte, innovante et écologique, la maison s’élève sur 7 étages en modules de bois préfabriqués. Elle a été récompensée par le Trophée Bois Île-de-France 2014 pour son architecture innovante en bois. En 2013, il s’agissait du premier bâtiment en bois en France s’élevant sur une telle hauteur. De plus, l’usage de la structure en bois lamellé-collé présente de nombreux avantages : préfabrication en usine de panneaux de longue portée, montage rapide sur le chantier, épaisseur de l’isolation réduite et bonne résistance au feu. Le site est le cœur d’un jardin sous la vision du pavillon du Brésil, la maison du Maroc et la maison de l’Inde. Le nouveau bâtiment qui offre une capacité de 72 chambres est construit à proximité du bâtiment existant.



IV/ La Cité U, un immense espace vert au sud de Paris
La Cité internationale universitaire de Paris est un immense espace vert au sud de Paris (14e arrondissement) face au parc Montsouris. Aujourd’hui, on découvre un parc embelli et unifié. Son évolution depuis plus de 20 ans et sa préservation a été une des composantes essentielles du projet de développement du campus. Les travaux d’aménagement ont permis de l’agrandir et de le densifier malgré la construction de 10 nouvelles maisons. Il a ainsi gagné un hectare d’espaces verts supplémentaires.

Un parc ouvert à tous
Le parc de la Cité internationale universitaire est ouvert à tous. Libre à vous de parcourir ses grandes allées, déambuler au sein de son incroyable forêt* située à l’est ou se perdre dans les bosquets à l’ouest (vers la grande pelouse). Des arbres, vous pourrez en dénombrer plus de 3000 dont 235 espèces venues de tous les continents. S’y logent une multitude d’oiseaux (au moins, 50 espèces). Vous tomberez peut-être sur les 4 jardins de pluie qui concourent à la biodiversité des lieux. La Cité regroupe tout à la fois un parc et un magnifique jardin entretenu dans une démarche éco-responsable.
*Un parc qui participe à réduire les îlots de chaleur grâce à une plantation massive, une plantation organisée sur le modèle forestier (c’est à dire resserré comme en forêt) pour recréer une canopée.

Beaucoup de bonnes raisons pour lesquelles étudiants et parisiens se retrouvent surtout les week-ends. On vient y jouer au volley, y faire des barbecues, être en famille, entre amis, faire du vélo, des pique-niques géants, y courir… On y pratique jusqu’à 60 sports différents (la plupart réservés aux résidents). A leur disposition : 8 cours de tennis, des terrains de foot, de rugby, une piscine, un dojo pour 40 personnes, une salle d’escrime, de musculation, une salle de danse, des terrains de basketball, de volleyball, de badminton et même, un terrain de pétanque.



Cet espace si prisé les week-ends

VII/ Ces maisons au sud qui regardent vers le parc
Le Pavillon Habib Bourguiba (Maison de la Tunisie) en maille métalique évoquant la caligraphie arabe

En tant que principal partenaire académique et scientifique de la Tunisie, la France est la première désignation internationale choisie par les étudiants tunisiens. La construction de ce pavillon a traduit la volonté communautaire de la Tunisie et de la France pour renforcer cette coopération académique. Elle porte le nom d’Habib Bourguiba, le chef de la lutte pour l’indépendance et ancien résident de la Cité internationale. offre à ses résidents 199 chambres, des espaces communs, un salon de thé et un auditorium de 250 places ouvert au public

Une seconde peau en aluminium
Le pavillon Bourguiba (Maison de la Tunisie) se distingue par le motif en maille métallique évoquant la calligraphie arabe. Cette seconde peau en aluminium a été conçue selon des lettres arabo-islamiques par l’artiste calligraphe tunisien Shoof et a été adaptée graphiquement par le designer Wissem Soussi pour le compte de la Galerie Itinérrance. Les pièces sont également baignées d’une lumière tamisée diffusée par les creux de ce treillis moderne en bois.
Maison de la Corée et scènes de combat à l’épée (en bois)

La Maison de la Corée est tourné vers le centre du campus ; une Maison de huit étages en béton. Elle présente un volume atypique, loin de tout pittoresque. Elle abrite 250 chambres d’étudiants. Les trois façades sont traitées d’une manière différente pour mieux répondre à l’environnement. Sa façade nord-est, orientée sur le parc, est travaillée dans l’horizontale avec une paroi ondulante entièrement vitrée, longée de coursives. Un bardage en aluminium, formant un brise-vue, assure l’intimité des résidents.
Maison du Liban, modèle de coexistence
« Le Cèdre » se veut le symbole du Liban, de sa Maison à Paris et de sa fondatrice : un modèle de coexistence, diversifié, certes vulnérable et fragile, mais qui ne cesse néanmoins de démontrer son endurance face aux tempêtes.

La Maison du Liban accueille 136 résidents pour une durée maximale de 3 ans. Aujourd’hui, les filles représentent un peu plus de la moitié des résidents, tous sont engagés dans des études de haut niveau (master II, doctorat) dans des disciplines diverses.Parmi eux, les scientifiques (ingénieurs, mathématiciens, physiciens…) sont les plus nombreux suivis de près par les professions médicales. La Maison du Liban loge également une vingtaine d’étudiants non-Libanais comme le veut la pratique du « brassage »

Maison du Cambodge, fermée pendant 30 ans
A partir dans années 1970, la guerre civile au Cambodge agitait le milieu étudiant cambodgien à Paris. En 1973, de violents incidents opposèrent des résidents de la maison. Devenue incontrôlable, celle-ci a été fermée. Elle n’a rouvert ses portes que trente ans plus tard.

30 ans d’abandon ont beaucoup dégradé la Maison. En 2001, les travaux conduits par l’architecte Patrick Magendie permirent d’augmenter de 60 % le nombre de logements (221 et 39 nationalités) en récupérant les espaces disponibles du rez-de-jardin.
Aujourd’hui, la maison compte 7 triplex équipés d’une cabine insonorisée pour musiciens et 9 studios de répétition de musique destinés à des professionnels et des amateurs*
*De nombreux musiciens de talent sont accueillis dans les Studios de Musique depuis leur ouverture en 2005. Parmi les plus connus, dans le domaine de la musique classique et contemporaine, nous pouvons citer des ensembles tels que Le Concert Spirituel, Les Siècles, le Chœur Accentus, l’Ensemble Aedes, Les Cris de Paris, L’Itinéraire ou l’Ensemble Multilatérale.
VIII/ Maisons d’exception
La Maison du Mexique et la “Pierre du soleil”
La Maison du Mexique qui compte 92 logements (et 19 nationalités cohabitent) a été imaginée par l’architecte Jorge L. Medellin. Il créa un bâtiment à l’allure moderne, constitué de deux barres parallèles reliées par un bâtiment de forme plus libre. L’ensemble est complété par un patio aux allures de jardin. L’équipement mobilier a été conçu par les designers Charlotte Perriand et Jean Prouvé.


* La “Pierre du soleil”, pièce maîtresse de l’art aztèque (près de 24 tonnes), est exposée au Musée national d’Anthropologie de Mexico.

Une réhabilitation admirablement menée
Cette réhabilitation avait pour but le bien-être des étudiants en recréant des chambres pourvues de tout le confort possible et des espaces de vie adaptés. Ainsi des cuisines d’étage, véritables lieux de convivialité, ont été aménagées, et les salles de bain ont été rénovées. Maintenant l’entrée se fait par la façade principale et dessert les espaces ouverts au public (la salle polyvalente, la cafétéria et l’accueil). Les lieux d’exception, comme la bibliothèque Sor Juana Inés De La Cruz (l’une des six bibliothèques spécialisées de la Cité internationale).


Pour les personnes à mobilité réduite : 4 chambres en rez-de-jardin avec rampe d’accès et l’adaptation de l’ascenseur pour accéder facilement aux étages de la Maison.

Alumnus célèbre : Manuel Felguérez Barra (1928-2020) artiste abstrait mexicain, membre de la « Generación de la Ruptura », mouvement qui s’est écarté de la mouvance muraliste de Diego Rivera. En 1998, un musée à son nom a été ouvert dans sa ville natale de Zacatecas.
Maison du Maroc, bienvenue à Dar Al Maghrib
Depuis près de 75 ans d’existence, la Maison du Maroc a toujours été un croisement de plusieurs générations animées par les valeurs de paix, de solidarité et de tolérance. Cet art de vivre ensemble fut partagé par plus de 6000 résidents (dont je fus) et anciens étudiants et chercheurs. Elle représente un énorme capital immatériel inestimable.


La Maison fut rénovée à plusieurs reprises. La dernière en 2008, sous la conduite de l’architecte marocain Mohammed Fikri Benabdallah. Les travaux ont porté essentiellement sur l’amélioration du confort. Le second pavillon a été affecté aux chercheurs. Grâce à cette optimisation, la Maison du Maroc totalise aujourd’hui 229 logements (174 chambres et 55 studios).

Devenue au fil des décennies, un haut lieu de partage, de tolérance et de paix, Dar Al Maghrib doit sa richesse et son rayonnement à la grande diversité de ses résidents et amis, aux événements culturels et artistiques qu’elle abrite, et à sa vie communautaire source de socialisation et de développement de générations. Générations entières dont de nombreux anciens.

André Paccard, spécialiste de l’artisanat traditionnel islamique (et directeur des bureaux techniques du Palais royal au Maroc) rénova la Maison en 1982. Avec le soutien d’artisans marocains, il introduisit des motifs traditionnels, tels que la porte monumentale de l’entrée, le salon marocain, ou encore le patio andalou.


Ce qu’on laisse derrière soi
Quitter la Cité c’est abandonner un lieu à part. Cette étrange impression de laisser derrière soi un monde presque chimérique mais où tout pourrait être possible. La Cité internationale s’est bâtie autour de valeurs fortes : la paix, la tolérance, la solidarité et le dialogue entre les cultures. Plus d’un siècle après sa création, cet état d’esprit est toujours de règle. Par leur passage dans cette Cité unique, un nombre impressionnant de résidents ont aider à rendre le monde actuel plus intelligent et peut être plus vivable.
Parmi les plus célèbres anciens résidents, on retrouve
Georges Charpak, prix Nobel de physique (1992), pour ses travaux sur les détecteurs de particules à hautes énergies ; Jean-Paul Sartre, philosophe, romancier et dramaturge français, chef de file de l’existentialisme ; Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf, deux anciens présidents du Sénégal ; Sebastião Salgado, photographe brésilien mondialement connu pour son travail humaniste ; Costa-Gavras réalisateur franco-grec, maître du cinéma politique ; Julio Cortázar, écrivain argentin ; Tahar Ben Jelloun, romancier marocain ; Aimé Césaire, Martiniquais, figure majeure du mouvement de la négritude ; Seiji Ozawa chef d’orchestre, ex-directeur du Boston Symphony Orchestra ; Chandrika Kumaratunga, première présidente du Sri Lanka (de 1994 à 2005) ; Farah Diba (Pahlavi) impératrice d’Iran en épousant en 1959, le shah Mohammad Reza Palhavi. Une liste loin d’être exhaustive.

Auteur et ancien résident de la Maison du Maroc de 1971 à 1973

françois Collombet Journaliste membre de
APE (Association de la Presse Etrangère) en tant que vice-président
AJP (Association des journalistes du Patrimoine (Au conseil d’administration)
APCIG (Association des journalistes gastronomie et vin) en tant que vice-président
http://www.amazed.blog http://www.dico-du-patrimoine.fr http://www.dico-du-vin.com