A Montigny-le-Gannelon, le guide est la descendante du prince de Montmorency, duc de Laval

Bienvenue chez Aymar et Lydiane de la Motte Saint-Pierre, dans leur château des bords du Loir

Entrée du château de Montigny-le-Gannelon bordé d’un parc de 13 ha (Photo FC)

Entrez dans leur château. Vous êtes leurs invités. Imprégnez-vous du temps qui passe. Vous êtes chez Aymar et Lydiane de la Motte Saint-Pierre dans leur demeure familiale entourée d’un parc de 13 ha. Un château « terriblement » authentique, superbement meublé et surtout à dimension humaine ! Rien ne vous sera caché. Les enfants sont les bienvenus. L’histoire de Montigny, déjà forteresse sous le règne de Charlemagne (768-814) est fascinante !

*Montigny, un nom à lui seul qui éclaire sa position : une motte féodale appelée Mons Igni, le Mont du feu car de cet endroit haut perché, il était possible de faire des signaux. Lieu idéal aussi pour faire le guet. Montigny fut longtemps renommé pour ses pierres de taille inaltérables au gel et ses fours à chaux.

Lydiane de la Motte Saint-Pierre, chatelaine (avec ses neveux) de Montigny-le-Gannelon, devant la façade Ouest d’inspiration Renaissance (fin du XVe siècle). Au-dessus de la porte d’entrée, les armoiries des familles de la Maison de Montmorency-Laval, et de la Maison de Lévis-Mirepoix (Photo FC)

Ce château Renaissance qui choisit le Loir à la Loire

Rares sont aujourd’hui, les châteaux de la Loire encore habités et meublés (Montigny-le-Gannelon en fait partie bien que sur les bords du Loir). Le site est surprenant. Il est situé à l’aplomb du Loir dans ce coin de vallée truffé de ballastières. De la terrasse du château, pas de doute, cette masse d’eau donne l’étrange impression d’être au-dessus du grand fleuve ligérien. Mais aller à Montigny se mérite. Pour cela il faut prendre les chemins de traverse, musarder le long du Loir. On est à 150 km de Paris, sur la commune de Cloyes-les-Trois-Rivières, à 12 km au sud de Châteaudun, pas loin de Vendôme et à la limite du Perche et de la Beauce. Et puis, la Loire à Blois où à Amboise n’est qu’à une cinquantaine de kilomètres plus au sud. D’ailleurs des châteaux de la Loire, Montigny-le-Gannelon en a l’esprit.

Façade Ouest du château de Montigny-le-Gannelon et ses deux tours. A gauche, la tour de l’Horloge ornée de trois guirlandes. Deux identiques représentent la vigne très présente alors sur les bords du Loir. La troisième symbolise le veuvage (la cordelière de nœuds située sous l’horloge). Au pied de l’autre tour, la tour des Dames, une plaque commémorative à la mémoire du chevalier François Gaston de Lévis 1720-1787 Maréchal de France et défenseur du Canada. Elle a été placée lors du jumelage entre Châteaudun et Trois-Rivières au Canada (Photo FC)
Le cloître gothique réunit les deux tours. Auparavant il était ouvert. Il a été clos lors des travaux entrepris au XIXe siècle (Photo FC)
Grand escalier Renaissance du château. IL possède un plafond construit en 1495. Les sculptures de cette partie sont proches de celle du château de Blois. Au mur sont affichés des tableaux des maréchaux de France de la famille de Lévis (Photo FC)

Façade Ouest, Renaissance. Façade Est, XIXe

Façade-Ouest, c’est la Renaissance dans tous les sens du terme, celle d’un château qui fut reconstruit en 1495 par Jacques de Renty (voir la Tour de l’Horloge). Il avait été détruit quelques dizaines d’années auparavant par crainte que les Anglais ne s’en emparassent (Les deux tours, celle des Dames et de l’Horloge furent à cette époque réunies au rez-de-chaussée par un cloître gothique ouvert jusqu’au XIXe siècle). Quant à la façade Est, dominant le Loir, pas de doute elle fut remaniée au XIXe siècle. Un caprice du comte Sigismond de Lévis qui ne la trouvait pas suffisamment ostentatoire. Alors, il fit venir en 1876 pour la modifier, l’architecte Clément Parent, élève de Viollet-le-Duc.

La façade Est dans un style néo-gothique, est édifiée en 1876 par l’architecte Clément Parent, élève d’Eugène Viollet-le-Duc, pour le comte et la comtesse Sigismond de Lévis (Photo FC)
Façade dominant la vallée du Loir, élargi à cet endroit par le creusement de ballastières (Photo FC)
Aymar de la Motte Saint-Pierre se tenant sur le balcon de la façade Est du château de Montigny-le-Gannelon (Photo FC)

Le Québec, Madagascar et quoi d’autres encore ?

Tout ici, des murs du château, aux tableaux, meubles et bibelots, est une invitation à traverser l’histoire de France et … d’ailleurs. Notamment, les aventures du chevalier François-Gascon de Lévis, l’un des derniers défenseurs (avec Montcalm), du Canada. A sa mémoire, le nom de Lévis fut donné à une ville face à Québec, de l’autre côté du Saint-Laurent, une ville de 150 000 habitants aujourd’hui (Voir sur la base de la Tour des Dames, la plaque qui rappelle l’exploit de cet ancêtre). Vous faut-il plus d’exotisme, à Madagascar par exemple. Alors entreprenez Aymar sur les quelque 300 ha, restant d’une immense plantation (café, cacao, plantes à parfum, rafia, etc.). Elle avait été achetée puis exploité par André-Gabriel-Guy de la Motte Saint-Pierre (un véritable baroudeur) en 1903, dans le nord de l’île, tant à Nosy Be (île malgache située dans le Canal du Mozambique) que dans le district d’Ambanja (province de Diego-Suarez).

Manuscrit de 1895 en mémoire du chevalier François Gascon de Lévis, défenseur du Canada avec, l’illustration de la petite ville de Lévis dénommée en son honneur, située en face de Québec (Photo FC)

Les Contes et légendes

Pas de château sans ses légendes et à Montigny-le-Gannelon, on est gâté ! Mais d’abord que vient faire ce Gannelon à Montigny ? Personnage incongru ! Son nom (Ganelon), évoque les épopées carlovingiennes dans lesquelles il personnifie le traître ; lui l’archevêque de Sens qui fut accusé de trahison par Charles-le-Chauve et qui se réconcilia avec ce monarque. Mais la légende est tenace. N’est-il pas à tout jamais ce paladin, compagnon de Roland, puis traître qui livra l’arrière-garde franque à Roncevaux ? Fâcheuse homonymie ! La réalité veut qu’un seigneur local laissa à la fin du Xe siècle, sa riche succession à un Gannelon, trésorier de St Martin de Tours et abbé de Saint-Avit-lès-Châteaudun (aujourd’hui sur la commune de Saint-Denis-les-Ponts).

Quand la famille des Montmorency-Laval a pour ancêtre, un ogre, le Barbe Bleue des Contes de Perrault

(La Barbe Bleue parue en 1697 dans Les Contes de ma mère l’Oye)

Anne-Adrien-Pierre, prince de Montmorency*, duc de Laval (1768-1837) ambassadeur sous Louis XVIII et Charles X, acquiert le château en 1831. Son achat a été financé par la loi dite « du milliard aux émigrés » promulguée par Charles X en 1825. Elle indemnisait les émigrés qui avaient perdu leurs biens vendus comme biens nationaux sous la Révolution. En 1834, il fit construire au nord de la Tour de l’Horloge, un pavillon supplémentaire (le pavillon Montmorency) pour y placer six grands portraits des Rois (portraits en pied) de Louis XVIII et Charles X dont il a été l’ambassadeur, et ceux auprès desquels il fut accrédité (Georges IV d’Angleterre, François II empereur d’Autriche, Guillaume IV d’Angleterre, Ferdinand VII d’Espagne ainsi que 2 papes (Pie VII et Léon XII).

*En 1814, Adrien de Laval fut l’un des premiers à se précipiter pour complimenter Louis XVIII à Calais qui rentrait d’un long exil en Angleterre pour devenir roi, le 6 avril 1814. Le souverain lui accorda alors le titre de prince, et jusqu’à la mort de son père (en 1817), il fut appelé le « prince de Montmorency-Laval ».

Le Grand Salon, château de Montigny-le-Gannelon (Photo FC)
A droite le Salon des colonnes, Madame Récamier dont le regard est posé sur le Prince de Montmorency, Duc de Laval (Photo FC)
Au mur de la salle à manger, cette assiette en faïence italienne (Photo FC)
Dans le château de Montigny-le-Gannelon, cette salle à manger Montmorency est occupée à de rares moments par la famille (Photo FC)

Les Montmorency-Laval face à leur ancêtre, le très honni Gilles de Montmorency-Laval, Sire de Rais.

Quand Adrien, prince de Montmorency, duc de Laval achète Montigny-le Gannelon, pouvait-il imaginer que son ancêtre, le très médiatisé et très honni Gilles de Rais serait absout de ses supposés crimes (l’histoire a surtout retenu les crimes et les débauches). Une Cour Arbitrale chargée du dossier Gilles de Rais allait en 1992, le blanchir, lui, Gilles de Montmorency-Laval, Sire de Rais, formidable homme de guerre, très pieux, compagnon de Jeanne d’Arc, fait Maréchal de France. Il avait décidé de mettre son immense fortune, il était alors bien plus riche que le roi, au service du royaume. Mais la condamnation de Jeanne au bûcher (elle fut brûlée vive), est un choc insupportable pour lui. Quel destin ! Le même sort lui est réservé 9 ans plus tard. En 1440, il est inculpé, jugé et condamné par l’inquisition. Il sera pendu et brûlé le 26 octobre 1440. Son statut de Maréchal de France et ses exploits sur les champs de bataille lui avaient accordé le droit d’être étranglé avant d’être jeté au bûcher. Contrairement à Jeanne, il ne meurt donc pas brûlé vif, mais son corps sera réduit en cendres. (Source : Michel de Talhouët)

La légende de la Dame de Montigny

Il en existe plusieurs variantes, toutes aussi dramatiques les unes que les autres. Soyons donc factuel. D’un côté, un gentleman ce seigneur de Montigny. On le dit affable, rempli de bonnes qualités. En fait, tout l’oppose à son épouse décrite comme dure et hautaine. Alors qu’il dût s’absenter dans un pays lointain « où la guerre avait porté ses ravages », ses vassaux se retrouvèrent face au mauvais caractère de la dame. Tous espéraient son retour rapide qui serait fêté avec une grande joie. Le temps passa. La dame châtelaine un beau jour rencontra une mendiante accompagnée de ses 7 petits enfants. Curieux spectacle ! Ils semblaient tous avoir le même âge. Elle supplia pour un peu d’aide. Refus catégorique : quand on ne peut élever des enfants, on n’en fait pas comme une lapine. La mendiante qui en réalité était une sorcière lui répliqua : vous riez de moi madame, mais pour votre punition vous aurez en une seule couche, un nombre d’enfants plus élevé que celui qui est autour de moi.

Elle mit au monde, neuf enfants le même jour

Moins de deux mois plus tard, la dame de Montigny mit au monde en une seule fois neuf enfants. Comment donc faire face au courroux du mari à son retour ? Elle demande à sa servante de les jeter dans le Loir, à l’exception d’un seul. Celle-ci les mit donc dans un sac et alors qu’elle atteignait la rivière, elle fut surprise par l’arrivée d’un groupe de cavaliers dont son seigneur et maître : où vas-tu à cette heure ma mie ? Noyer des petits chiens répondit-elle. Méfiant, il demanda à les voir. Elle ne put qu’avouer la vérité. Il jura alors de punir son épouse mais fit élever secrètement les 8 enfant dans le village de Montigny. La découverte fortuite sept années plus tard de poésies galantes à l’adresse de la châtelaine et d’une mèche de cheveux blonds, le poussa à faire venir tous les enfants au château, les ayant vêtus (y compris celui qui vivait avec eux) de la même manière : Madame, où est votre enfant ? Montrez-le-moi ? Dans l’impossibilité de le désigner, elle se jeta à ses pieds suppliant à être précipitée dans le vide de la plus haute fenêtre du château. A-t-elle demandé à être d’abord enfermée dans un tonneau garni de lamelles de couteaux ? L’histoire ne le dit pas. Mais c’est ce que fit le mari y ajoutant la mèche de cheveux. On fit rouler le tonneau jusque dans le Loir. Le courant l’entraîna loin de là. Un homme d’arme le suivait criant aux curieux : laisser passer la justice du seigneur de Montigny.

Ah ! froid mantel

En arrivant vers le soir entre Saint-Claude et Saint-Jean, villages situés au-dessous des Bouches d’Aigre, en entendant ses plaintes, on eut pitié d’elle. En ouvrant le tonneau, la dame dans un piteux état demanda pour se couvrir, un manteau, s’écriant : Ah ! froid mantel. Depuis, ces deux villages portent le nom de Froidmentel. Il existe dans l’’église de Saint-Claude Froidmentel, une dalle tumulaire avec cette inscription : Cy gist feun noble home Jehan de Montigny, en son vivant, seigneur de Ville-Puere, qui trespassa le 14 may 1545. Est-ce donc son descendant ? (Source : Lydiane de la Motte St Pierre, née Talhouët).

Quiet days in Montigny !

En parodiant Henry Miller, ici, à Montigny, rien à voir avec cette tranquillité. La vie de château pour Aymar et Lydiane c’est surtout une montagne de tracas et la gestion au quotidien d’une petite entreprise familiale mais dans quel superbe décor ! Le centre opérationnel n’est autre que la bibliothèque du rez-de-chaussée à l’extrémité du cloître gothique, l’une des rares pièces chauffées en hiver. Une grande cheminée, un chaleureux capharnaüm, un bureau avec son fouillis ordonné, des gravures, des peintures, des portraits de famille, pas un centimètre laissé libre ! On y déjeune également (délicieusement). Lydiane, le regard pétillant, la clope au bec (elle assume) est intarissable. La voix est assurée. C’est elle qui semble mener la barque. Aymar lui est plus posé. Il aime par-dessus tout parler de ses plantations de Nosy Be à Madagascar. A chaque tableau, il a son anecdote mais son fauteuil relax l’attend pour une petite décompression. Il le faut, car à côté des mérules qui s’attaquent aux boiseries, Aymar m’a fait constater les premières fissures dans le sol des terrasses (sous-sol troglodytique et infiltration d’eau sous le château). Rien qu’aujourd’hui, on a eu affaire à une offensive de pigeons ramiers contre les fenêtres des dépendances avec bris de glace précise-il presque désabusé.

Dans leur QG (la bibliothèque du château, l’une des seules pièces chauffées en hiver), Lydiane et Aymar de la Motte Saint-Pierre profitant d’un petit moment de détente après le déjeuner (Photo FC)

On assure nous-mêmes les visites et l’accueil des convives

La décision fut prise en 1983 de revenir à Montigny, le château d’enfance de Lydiane*. Retour donc avec ses parents et son mari pour ouvrir le château au public en 1985. Elle est copropriétaire du domaine, d’abord avec son frère Michel et aujourd’hui avec ses neveux. Une source de financement, les visites. Au début nous avons potassé à fond les bouquins d’histoire, pour être certains de ne pas faire d’erreurs précise Lydiane. On a moins de visiteurs que dans les années 1990-1995, où on arrivait à 22.000. Aujourd’hui, c’est 8.000. La pandémie est passée par là. Et puis l’entretien du château, la restauration des façades et des toitures sans aucune aide. Lydiane se rappelle amèrement les dégâts de la tempête de 2000 ou encore la récente période covid, sans visiteurs et donc sans aucun revenu. Dès le départ, il a fallu trouver d’autres financements : les mariages, les séminaires, des réunions comme celle de l’association des Meilleurs ouvriers de France avec exposition nationale ou encore des manifestations plus flamboyantes comme Retour de Murat à Montigny avec 200 fantassins, 25 cavaliers, 50 civils en costumes d’époque. Heureusement l’immense manège de style Baltard et l’orangerie avaient été entièrement restaurés.

*Lydiane de la Motte Saint-Pierre est née Lydie-Anne de Talhouët, ses parents étant le Vicomte Gérard de Talhouët Boisorhand et sa mère, née Marie-Claire de Lévis-Mirepoix, descendante d’Anne, Pierre « Adrien » Prince de Montmorency, Duc de Laval (1768-1837), propriétaire du château.

Aymar de la Motte Saint-Pierre aime à faire visiter le parc et le manège du château. La pelouse (impeccable) est l’œuvre de sa femme. En fait, c’est lui qui assure la majorité des visites du château. Il est beaucoup plus pointu que moi avoue sa femme. (Photo FC)
Ce manège, aux dimensions grandioses, style Baltard, construit à partir de 1893 témoigne encore de l’amour que porte Aymar de la Motte Saint-Pierre au cheval et à la chasse ; un manège transformé aujourd’hui en une magnifique salle de réception (Photo FC)

Qui est donc cette Félicité dont la châsse vénérée se trouve sous le maître-autel de l’église du village ?

Est-ce cette Sainte Félicité de Rome martyre avec ses sept fils au début du règne de Marc Aurèle, vers 165 et dont la tradition a conservé les noms : Janvier, Félix, Philippe, Sylvain, Alexandre, Vital et Martial ?

Elle vient de Rome, elle aussi !

Notre Sainte Félicité (plus vraie que nature !) qui repose dans sa châsse dans l’église Saint-Gilles à Montigny-le-Gannelon en est une autre sans doute, toute aussi sainte, mais plus discrète et plus belle. On la vénère lors d’un pèlerinage le dimanche proche du 24 juin. Lydiane nous accompagne car cette châsse reste la propriété des descendants du prince de Montmorency. On sort du parc, l’église est toute proche, entièrement restaurée. Elle date du début du XVIIe siècle, reconstruite sur les fondations d’une ancienne église romane. Son originalité vient de son clocher avec toit en bâtière, de son caquetoire (cet auvent devant l’église qui servait à caqueter ou bavarder) et de sa voûte lambrissée refaite en 2003.

L’église Saint-Gilles du XVIIe siècle, à Montigny-le-Gannelon accueille la châsse (depuis 1838) de Sainte Félicité, lieu d’un pèlerinage annuel vers le 24 juin (Photo FC)
Une Belle au bois dormant, cette Sainte Félicité, comme endormie dans sa châsse vénérée maintenant placée sous le maître-autel de l’église du village (Photo FC)

La belle histoire d’un prince qui voulut honorer sa petite-fille dont le prénom était Félicité

Dans le Grand salon du château de Montigny-le-Gannelon, le portrait envoutant de Félicité de Lévis-Mirepoix (petite fille du prince duc de Montmorency-Laval, ambassadeur à Rome). Photo FC

Bonheur parfait, ravissement, enchantement ! Cette Félicité de Lévis-Mirepoix (petite fille du prince duc de Montmorency-Laval) illumine encore un salon du château par un portrait dont le regard suit le visiteur sans vouloir le quitter. Donc, reprenons la réalité historique de cette Félicité de Rome.

Félicitas in pace

Le grand-père est alors ambassadeur à Rome (sous Charles X). Au cours de fouilles dans les catacombes en 1828, on découvre les ossements d’une Sainte Félicité dont le tombeau fermé par une pierre blanche porte l’inscription Félicitas in pace avec un cœur enflammé et une branche de palmier, symboles de son martyre. Que pouvait refuser le pape Léon XII à l’ambassadeur de France. En l’honneur de sa petite-fille, il va donner la totalité des restes de la sainte.

L’incroyable translation des restes de Sainte Félicité vers le château du prince duc de Montmorency-Laval, à Montigny-le-Gannelon.

D’abord une châsse spectaculaire, puis le corps d’une jeune fille modelé en cire revêtu de la tenue des femmes romaines de la haute société. Détails plutôt macabres ! On peut voir à découvert, le crane tout entier, les os de chaque bras et au-dessus du poignet, les doigts de la main tenant la palme. A ses pieds, une petite urne en bois doré avec un vase contenant du sang desséché recueilli lors de son martyre. Regardez les cheveux de cette jeune femme enchâssées, ils sont ceux de Félicité de Lévis-Mirepoix qui va malheureusement décéder avant le départ de la châsse. Enfin, elle arrivera à Montigny, le 24 juin 1838 (jour de la Saint Jean). La félicité s’associerait-elle à la tristesse ? Romantique aurait-t-on dit au XIXe siècle !

Au château de Montigny-le-Gannelon, la présence du Prince de Montmorency, Duc de Laval est omniprésente. Lydiane de la Motte Saint-Pierre en est l’une des descendantes (Photo FC)

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