Pouilly-sur Loire : comment suis-je devenu impétrant de la très célèbre confrérie des Baillis de Pouilly ?

Le prince ne viendra pas !

Samedi 28 janvier 2023, Pouilly-sur-Loire, rive droite de la Loire. On attend le prince mais le prince ne viendra pas ! Noblesse, non ! Covid oblige. Quel comble pour notre Pouilly Fumé “prince des vins” ! Il était pourtant l’invité d’honneur de ce 221e chapitre de la Confrérie des Baillis* de Pouilly. Rien à regretter, il nous reste l’essentiel, cette armée des ombres, mes futurs confrères des années précédentes pour moi, l’impétrant de 2023. Ils sont quelque 2 500 membres déjà intronisés (certains sont là, on les reconnait au fameux pendentif en faïence de Nevers) dirigés par un Grand Conseil de 17 dignitaires à la tête duquel se trouve le Grand Bailli Général, la Grande Baillive, et des dignitaires aux augustes tâches. Mon faible, ce Maître des Sagesses Opportunes ! A chacun son titre, voici une politique qui devrait plaire au plus grand nombre. Enfin, lors de ses chapitres* (Grand Chapitre de la Saint-Jean, Chapitre de Saint-Vincent, Chapitres extraordinaires), la Confrérie ouvre ses rangs aux impétrants dignes de cet honneur.

*Bailli vient du vieux français baillir (gouverner, diriger, administrer). Le Bailli était un officier d’épée ou de robe qui rendait la justice au nom du roi ou d’un seigneur, ayant également la charge de fonctions administratives. Le Grand Bailli Général, Marc Lagrange jouirait-il encore de cette charge pour les vins de Pouilly, secondé d’une cohorte de dignitaires et de maîtres ? Voir plus bas, son portrait.

Procession des dignitaires de la Confrérie menée par la Grande Baillive, Valérie Dagueneau à la sortie de l’église Saint-Pierre de Pouilly-sur-Loire. Photo © François Collombet

Un clou planté chaque année dans la statue de Saint Vincent

Chaque année, le vigneron détenteur de la statue de Saint-Vincent plante un clou gravé de son nom et de l’année où elle restera dans son chai. Photo © François Collombet

Donc pas de prince Albert cette année ! Encore ne faudrait-il pas oublier la présence tutélaire de la véritable vedette de cette cérémonie, la statue de Saint-Vincent, une statue en bois gardée chaque année chez un vigneron différent. Et le clou de cette manifestation est celui qui sera planté sur le pan de la statue. Chaque vigneron en effet marque l’arrivée de la statue de Saint Vincent dans son chai en lui plantant un clou nominatif et millésimé. Le rendez-vous est à 16 h chez Roger Pabiot, 13, route de pouilly, Boisgibault à Tracy-sur-Loire. Tout ce qui compte dans la confrérie s’y presse, vignerons, invités d’honneur, édiles locales, journalistes et en grande tenue, le Grand Conseil et ses dignitaires, vêtus de leur traditionnelle tenue jaune et noire*. C’est bien le lieu, cette cuverie pour boire à la santé d’un Saint Vincent supportant à merveille le 48e clou qui l’a fait entrer dans l’hiver de son millésime 2023 !

*Ajoutons qu’ils sont parés d’un couvre-chef orné d’un lambrequin. Et signe de reconnaissance des baillis, beaucoup portent le pendentif en faïence de Nevers, sinople fendu d’une Loire d’azur barrée d’or avec flacon de Pouilly et armes de la ville.

Dans le chai de Roger Pabiot, Mathieu Blanchet, l’un des membres du Grand Conseil de 17 dignitaires, posant près de la statue de Saint-Vincent. Voir son portrait plus bas. Photo © François Collombet

La très vineusement dévote Confrérie

18 h, la nuit commence à tomber. Il est temps de rejoindre l’église malmenée lors des guerres de religion (elle a été reconstruite au début du XVIIIe siècle. Voir son étonnant chevet à pan coupé et son clocher carré). Une intronisation vaut bien une messe, surtout une messe solennelle chantée et trompétée. L’église de Pouilly a pour saint patron, Saint Pierre. Il va donc cohabiter avec Saint Vincent, l’espace de la cérémonie. Alors que la procession des dignitaires de la Confrérie menée par la Grande Baillive, Valérie Dagueneau, introduit la statue du saint, divaguons un peu. Que penser de ce Saint Vincent martyrisé au IVe siècle de notre ère. Pourquoi est-il devenu le saint patron des vignerons ? Est-ce pour son martyre, parfaite illustration de cette symbolique religieuse entre le sang et le vin (l’eucharistie) ? Voir également le thème du Pressoir mystique, si souvent représenté dans l’art religieux. D’ailleurs la légende prétendait qu’il avait été torturé sur une roue de pressoir, mais il est beaucoup plus probable qu’il subit le supplice du chevalet, les membres déchirés par des ongles de fer. En fait la raison est plus triviale. Elle est associée au nom même de Vincent : vin pour le fruit de la vigne et cent pour le sang. Ainsi d’un calembour douteux fait-on un saint patron ! Et aussi, soyons pragmatique parce que sa fête tombe le 22 janvier, à une époque, réputée favorable pour le début de la taille de la vigne.

Messe solennelle dans l’église Saint-Pierre de Pouilly-sur-Loire qui ponctue ce chapitre de la Saint Vincent. La procession des dignitaires de la confrérie va quitter l’église vers la salle des fêtes où aura lieu le grand dîner rassemblant 250 convives. Photo © François Collombet

“Eau nous divise, vin nous unit”

Pouilly est en fête. Ce gros village de vignerons, bordant l’ancienne et légendaire Nationale 7, est au cœur de la Réserve Naturelle du Val de Loire. Il est connu internationalement pour son cépage emblématique, le sauvignon blanc*. On fête, à une semaine d’écart, la Saint Vincent, patron des vignerons. Occasion pour la confrérie des Baillis de Pouilly d’organiser son chapitre de la Saint-Vincent. Un vrai temps d’hiver nuageux, humide et froid. La Loire en contre-bas au lit si large qu’elle semble se perdre dans un ciel trop bas. Au loin, en bordure de quelques ilots éphémères, la surprise d’apercevoir un couple de cygnes bien décidés à passer l’hiver entre Pouilly et Sancerre sur l’autre rive. Serait-ce une métaphore, mieux un “signe” qui résume la devise de la confrérie : « Eau nous divise, vin nous unit » .

*Le sauvignon blanc, cépage ligérien appelé localement blanc fumé en raison de la fine couche de pruine légèrement fumée qui recouvre les raisins à maturité. De cette particularité, vient le nom de l’une des deux appellations de Pouilly : l’AOP Pouilly Fumé. L’autre cent fois plus petite, n’est autre que l’AOP Pouilly-sur-Loire dont les vins proviennent eux-aussi d’un unique cépage, le chasselas tellement suisse qu’il paraît ici, sur cette rive de la Loire comme un immigré perdu loin de son cher (très cher) Léman.

Pouilly, dernière conquête de la Bourgogne vineuse

Pouilly, juste au mitan de la Loire (à 496 km de sa source et de son embouchure) serait le dernier fleuve sauvage d’Europe. Pour s’en rendre compte, faudrait-il encore gravir le Belvédère de Saint-Andelain (un ancien château d’eau) et admirer par temps clair, une vue spectaculaire à 360° sur la Loire. De là-haut, c’est l’ensemble du vignoble qui se distingue faisant face à la butte de Sancerre, l’ami, le concurrent, le frère ligérien avec pour complice, le sauvignon que certains ampélographes s’étonnent en constatant ses similitudes morphologiques avec le chenin de la Loire ! Ce terroir sancerrois, nul doute, est bien ancrée en terre berrichonne (département du Cher). Mais sur l’autre rive, à Pouilly-sur-Loire, c’est la Nièvre*. Eh oui, on a déjà un pied en Bourgogne même si ce département a échappé de peu à son rattachement à la région Centre (depuis 2016, le département fait partie de la région administrative Bourgogne-Franche-Comté).

*Tout voudrait pourtant que la Nièvre fut plutôt liée à l’Allier et au Cher (le Berry) qu’à la Bourgogne. N’a-t-elle pas déjà été rattachée à la préfecture régionale de Dijon en 1941, mais, oublions la période !

La Confrérie des Baillis de Pouilly à l’image des Chevaliers du Tastevin

Pouilly est bien en Bourgogne, logique donc que Pouilly possède sa confrérie bachique : les “Baillis de Pouilly” à l’image du grand modèle bourguignon, la Confrérie des Chevaliers du Tastevin sise au château du Clos de Vougeot. Celle de Pouilly est née en 1949* et relancée dans les années 80. Son but a toujours été de “défendre et vanter en tous lieux les mérites des vins de Pouilly, de maintenir et de faire revivre les traditions du folklore pouillysois”. Depuis le début des années 90, elle veut aussi entretenir entre ses membres des sentiments d’amitié, d’entraide, de générosité et de convivialité, programme que défend avec force contrepèteries (souvent coquines), son très respecté Grand Bailli général, le docteur Marc Lagrange.

* Les historiens retiennent une première Confrérie de Saint-Vincent de Pouilly-sur-Loire créée par Monseigneur André Colbert, évêque d’Auxerre, le 28 novembre 1697.

Le double langage du Grand Bailli général

C’est lui, gastro-entérologue à l’hôpital de Nevers qui redonna à la confrérie, alors en état de dormance (comme la vigne en hiver), son éclat d’aujourd’hui. Qui pourrait rester indifférent à sa verve littéraire et son humour ravageur. Sa fidélité en amitié est légendaire. Attention, son double langage fait mouche à chaque saillie suivie d’un petit moment de silence et d’un roulement de doigts. A bonne entendeur, comprend qui veut ! Encore faut-il être un peu initié ! Dans l’art de la contrepèterie*, on a affaire à un maitre dans l’ombre de son initiateur, François Rabelais. Marc Lagrange a aussi manié le bistouri avec autant de talent que la plume. Pour preuve cette avalanche de titres sur le vin dont il est l’auteur (même à destination des enfants). A croire que la fête de la Saint Vincent lui est particulièrement dédiée (vin et sang). En tant que Grand Bailli Général, Il sera un très brillant maître de cérémonie lors du grand dîner qui suivra la messe.

La complicité du Grand Bailli général, le docteur Marc Lagrange avec deux de ces plus éminents baillis : Jean-Marie Bourgeois de Chavignol et Michel Barbier de Château-Thierry. Photo © François Collombet

Ce mémorable grand dîner du 221e Grand Chapitre Solennel de Saint-Vincent

De l’autel à la salle des fêtes de Pouilly, il n’y a qu’un pas que va franchir la statue de Saint-Vincent entourée de ses baillis thuriféraires. Le dîner s’annonce grandiose. 250 participants. Dress code impeccable ! Un menu non gargantuesque mais tout en saveurs et en finesse. A l’honneur, les Pouilly Fumé 2021 du récipiendaire de la statue pour 2023, le domaine Roger Pabiot (Les Girarmes, Cuvée Silex). Un écart cependant avec un Volnay 1er cru 1999 de la Maison Louis Jadot. Il le fallait pour ce filet mignon de veau en croûte, sauce morilles avec son gâteau de potiron aux éclats de châtaignes et son écrasé de pommes de terre. Auriez-vous préféré un Bandol rouge 2018 (château Val d’Arenc) eh bien il était aussi servi. Et puisque la Loire ne fournit entre Nièvre et Cher aucun liquoreux, il a fallu remonter du Jurançon (sur les coups de minuit), un Boléro du domaine Cauhapé pour accompagner un chou d’orange, et son craquant de chocolat et cassis, avec une crème catalane sans oublier le coulis de fruits des bois.

Honneur aux invités, comédien, cardiologue, maire et vigneron…

Qui pour remplacer le prince ? Non son sosie mais un comédien, Philippe Caroit. Et puisque les affaires de cœur ne sont jamais loin, le professeur Jean-Noël Fabiani-Salmon, grand spécialiste de la chirurgie cardiaque, joua de grand cœur, le fabuliste. Mais aussi beaucoup d’invités surprises. En voisin (il suffit de traverser le fleuve), le maire de Sancerre et sa femme. Remontons vers Chavignol. J’étais passé il y quelques mois frapper à sa porte mais il n’était pas là. Jean-Marie Bourgeois (domaine Henri Bourgeois) est toujours entre deux voyages. Il faut dire qu’au Japon, c’est une star. Outre, ses vignes sur les deux rives de la Loire, son Clos Henri dans la vallée de Wairau à Marlborough en Nouvelle -Zélande a fait de lui, l’incarnation la plus aboutie du sauvignon blanc. Alors oui, je lui ai promis. Je viendrai après son opération du dos, le voir à Chavignol puisque il est devenu aussi un expert en pâtisserie. Sa tarte aux pommes est parait-il à tomber !

Voici ce qui résume le mieux, la devise de la confrérie : « Eau nous divise, vin nous unit » sous l’œil bienveillant de l’historien Franck Ferrand. Ils ont traversé la Loire pour partager ce grand dîner des Baillis de Pouilly : le maire de Sancerre, Laurent Pabiot et sa femme et l’un des plus grands vignerons du Sancerrois, Jean-Marie Bourgeois. Photo © François Collombet

Les 9 intronisés et moi, et moi, et moi !

Chaque confrérie vineuse lors de ses chapitres intronise un certain nombre de personnalités et Dieu sait si Les Baillis de Pouilly ont été hétéroclites dans leurs choix (personnalités de la politique, de la littérature, du journalisme, des arts, des sciences, de la médecine et des confrères de la vignes). Les heureux (ses) élu(e)s se comptaient ce soir-là sur les doigts de la main. Un rituel identique. A l’appel de l’impétrant (par ordre d’âge), le petit orchestre choisi par le grand Bailli entamait l’ambiance musicale de son époque. Et debout, sur l’estrade, devant les invités à leur troisième ou quatrième plat et verres de pouilly fumé, il se voyait brosser un portrait “bachiquement” louangeur. Au 9e de la liste, c’est mon nom qui fut appelé (à ma grande surprise !). Il me fallut donc escalader les quelques marches pour me retrouver devant un jeune homme, un grand gaillard dans sa tenue de dignitaire des Baillis de Pouilly. Ce Mathieu, je l’avais rencontré quelques heures auparavant dans le chai du domaine Roger Pabiot et quel sacripant, il semblait bien me connaître.

9e intronisé de la soirée, je me trouve, nouveau bailli de Pouilly encadré par la Grande Baillive, Valérie Dagueneau et par le Grand Bailli Général, Marc Lagrange (DR)

Mon parrain, Maître des propos pétillants

Pour sûr, il était ce soir là mon parrain. Son discours fut trop laudateur (pour être honnête) mais que voulez-vous, ça fait plaisir ! Mathieu Blanchet au Conseil Magistral de la confrérie a pour titre, Maître des Propos Pétillants. Je confirme ! Il a tout du gendre parfait : études d’œnologie à Beaune et à Dijon. Il rencontre sa femme qui vient de Vertus en Champagne (classé en premier cru). Il a deux petites filles. Je ne résiste pas à insérer la fiche de ce surdoué de la célèbre famille Blanchet (Trophée de la réussite 2021 dans la catégorie internationale) pour la production de son Pouilly Fumé : “dans la famille Blanchet, on demande le fils. Fils de Francis, petits-fils de Bernard, il est tout à la fois, ce jeune géant au sourire charmeur. En amoureux du verbe autant que de ses vins, il déclare d’un mot de quel sol ils proviennent : Silice, Calcite ! Humour et concision, tout cela rime et sonne comme une ordonnance de géologue !“. Pourrai-je écrire mieux ?

Confrérie des Baillis de Pouilly, photo de groupe. Parmi eux, la promotion des 10 heureux intronisés du Grand Chapitre de la Saint Vincent du 28 janvier 2023 Photo © François Collombet

Le plaisir de revoir Pierre Lurton

Evidemment tout le monde le connaît. Les Lurton à Bordeaux, c’est une dynastie et Pierre, bailli lui même est à Pouilly ce soir sans doute par amitié pour Marc Lagrange mais aussi en tant que confrère bordelais des vignerons de l’appellation ligérienne. N’ont-ils pas en commun, le sauvignon blanc, lui, Pierre Lurton avec Le Petit Cheval Blanc du Château Cheval Blanc ou encore présent dans le Château d’Yquem ; et en tant que propriétaire, dans les excellents blancs secs de l’Entre-Deux-Mers du Château Marjosse. Pierre, je l’ai rencontré une première fois alors qu’il me faisait découvrir avec sa famille le tout nouveau chai de Cheval Blanc, œuvre de l’architecte Christian de Portzamparc. Il me laissa (presque !), les clés du Château d’Yquem pour une visite de rêve, en toute liberté. Il me fit également l’honneur de préfacer l’un de mes livres (Les vignobles mythiques aux édition Belin). Enfin, c’est lui qui facilita ma visite en Argentine à Mendoza au pied des Andes, dans le très impressionnant domaine de Cheval des Andes, reçu par Gérald Gabillet* (Pierre Lurton est président de Cheval Blanc, de Cheval des Andes et de Château d’Yquem). Très sollicité, il trouva pourtant le temps d’évoquer avec moi l’Argentine et demander des nouvelles d’un couple d’amis que nous avons en commun. Un chaleureux “hug” en guise d’au revoir.

* Gérald Gabillet est Estate Manager et Head Winemaker à Cheval des Andes.

Pierre Lurton (lui-même bailli de Pouilly), a délaissé les présidences de Cheval Blanc, Yquem, Cheval des Andes et son propre domaine (château Marjosse) pour assister à ce grand dîner de la confrérie des Baillis de Pouilly, lors du grand chapitre de la Saint Vincent. Photo © François Collombet

Les 2 heures ont sonné au clocher de Saint-Pierre de Pouilly-sur-Loire. Les sancerrois ont déjà retraversé le fleuve. Marc Lagrange, Grand Bailli de la Confrérie, salue les derniers invités. Il est temps de regagner notre Airbnb, fier d’arborer le fameux pendentif qui me fait dorénavant appartenir à la grande Confrérie des Baillis de Pouilly.

Ils sont déjà tous les 3, baillis de Pouilly. Deux sont mes partenaires sur dico-du-vin.com (de gauche à droite, Michel Barbier, en tant qu’ambassadeur et Jean-Luc Brigot comme administrateur). Question ? Jean-Marie Bourgeois au centre, voudrait-il prendre le poste de correspondant de dico-du-vin.com à Chavignol ? A droite, Martine Brigot, secrétaire générale. Photo © François Collombet

Pour aller plus loin :

https://dico-du-vin.com/pouilly-le-vignoble-aux-deux-aoc-pouilly-fume-et-pouilly-sur-loire-bourgogne-centre-loire/

https://dico-du-vin.com/sancerre-les-vins-de-sancerre-selon-fournier-pere-fils-sur-les-terres-du-sauvignon-blanc/

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